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L'Ouganda est un pays modèle


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**Abakar Adoum Haggar au cœur de la Mafia
(par Almisaq, la voix de CPR)cpr60@voila.fr

1-Au moment où le pays souffre sur le plan de l’éducation et socio-sanitaire, l’entourage du Président Deby se plonge dans les affaires la( corruption.).
2- En passant du trafic des drogues saisies en Allemagne (affaire de Djamal AGANAYE) et de la saisie de fausses monnaies de banque de son Conseiller Spécial Hassan Fadoul Kitir
3- Escroquerie organisée par les proches du Président Deby (Daoussa Deby, Mahamat Saleh Annadif et Yaya Hassan) sur le marché de la téléphonie mobile au Tchad contre
la société Sud -Africaine CELTEL-TCHAD retenue par la banque mondiale Ces derniers ont encaissé la somme de 3,5 milliards de FCFA de la Société Mobile Tchad( Libertis) montée de toute pièce en complicité avec Idriss Deby.
4- Mafia dirigée par la haute instance du pays sur tous les grands projets :
Echec total des travaux de constructions de pipelines de Sedigui-Ndjamena dû au détournement de fonds par le grand frère de Deby Monsieur l’ambassadeur Daoussa Deby qui se dit actionnaire à 50%..
5) Affaire STEE-VIVENDI
le gouvernement du Tchad a dans le cadre de la privatisation signé un contrat de 30 ans avec le groupe VIVENDI(Générale des Eaux).Ce contrat s’exécutera en 3 étapes
1-Délégation de gestion(2ans) effective depuis le 15/09/2001
2-Exploitation(5ans) théoriquement
3-Concession
Pendant les 2 première étapes (7 ans),VIVENDI ne prendra aucun risque financier. C’est l’état Tchadien qui contractera une dette d’ environs 40 milliards de FCFA auprès de bailleurs de fonds (banque mondiale 36 milliards, AFD 3,35 milliards).Le gouvernement doit affecté le reliquat de fonds de la Sté SEERAT(3,5 millions de dollars américains) à VIVENDI.
Ces fonds de 42 milliards de FCFA seront donc mise à la disposition de VIVENDI qui gérera seule. En effet dans le dit contrat il est précisé dans une des clause que :les fonds seront dans une banque dont le délégataires(VIVENDI) aura seule la signature
La phase d’exploitation n’entrera en vigueur que à la mise en service de la centrale de Farcha(une centrale thermique de 21 MW associée à la raffinerie en vue de consommer son fuel lourde)
Pendant tout ce temps ( théoriquement 7ans) VIVENDI profitera sans investir un rond dans un pays où la pauvreté se lit sur le visage du premier venu et ou l’électricité est l’une des plus chères de la planète. Le kilowatt heure est vendu à 240 FCFA aux citoyens malgré l’exonération du gasoil par l’état ( 78FCFA/litre).C’est à dire en d’autre termes que le kilowatt est vendu 300FCFA au Tchad .
Pour «PRESTATIONS» VIVENDI est rémunéré à prix d’or .Le personnel VIVENDI « pompe »10% sur toute les recettes mensuelles y compris sur les cautions ou avances sur consommation déposée par les abonnés et qui son censé leur être rembourser à la résiliation du contrat. Il faut dire que ce personnel n’a pas le profil requis par rapport aux exigences de son poste .Depuis le 15/09/2000 rien n’a changé. La situation s’est au contraire dégradée
Comment est-on arrivé là ? c’est l’œuvre d’un lobby qui s’est dit cousin du Président, le nommé ABAKAR ADOUM HAGGAR. Ce Monsieur a piloté la privatisation de la STEE au nom de l’état et s’est arrangé pour être dans le groupe VIVENDI.Très connu pour sa cupidité, on comprend aisément ce qui s’est passé. Pour être au cœur de la combine VIVENDI il se fait passé pour un cousin direct du Chef de l’état( trafic d’influence oblige). Il se sucre, VIVENDI se sucre, protégé par son grand frère HASSAN ADOUM BAKHIT, responsable de la Cellule économique interlocuteur direct de Bailleurs de fonds. Mr ABAKAR ADOUM HAGGAR( VIVENDI TCHAD) a été, par ailleurs, dans le passé PCA de la STEE puis DG Il a laissé des traces dont personne n’ignore. Aujourd’hui, encore avec VIVENDI et en position hiérarchique de force s’il vous plaît . Quel délit d’initié !!!

En juin 2001, le gouvernement du Tchad a signé un protocole d’accord avec un investisseur privé, L’IECI , pour l’installation d’une centrale à basse de turbine à gaz d’une puissance de 50 MW à SIDIGUI( 350Kms de Ndjamena) et d’une cimenterie de capacité de production de 450.000 tonnes par an. Il faut souligner que le sac de ciment de 50 kg coûte 7500 frs CFA actuellement à N’djamena. Par contre, celui de la cimenterie en projet coûtera au plus 3000 frs CFA le sac de 50kg. En ce qui concerne le volet électricité, un contrat de vente doit être signé dans le 45 jours entre l’IECI( vendeur) et la STEE ( acheteur).Un projet de contrat a été initié par IECI et soumis au gouvernement fin juillet 2001. Informé, Monsieur VIVENDI, adresse une fiche au Chef de l’Etat pour torpiller ledit projet, parce qu’il n’y trouve pas son compte. Sa fameuse phrase «Excellence, on vous trompe» a fait le tour de monde. Le gouvernement a mis sur pied une commission technique, chargée d’analyser le projet de contrat et d’éclairer sa lanterne. Monsieur VIVENDI passe le relais à un autre Monsieur VIVENDI de la Banque Mondiale appelé Michel LAHEC. Ce dernier actionne la SFI qui fait des pressions sur le gouvernement Tchadien.
Avec ce contrat et son avenant, IECI vendra le kWh à la STEE à 72 frs CFA au lieu 178frs (coût de production du kWh STEE)
VIVENDI et ses protecteurs se battent pour que cette bouffée d’oxygène pour le Tchad qu’est ce projet ne se réalise pas .Ils remuent Terre et Ciel pour mettre en péril les intérêts du Tchad. C’est malheureux et bien honteux surtout que cela provient des gens qui se disent intellectuels.
5- I l faut rappeler aussi que MM Daoussa Deby et son planton Yaya Hassan vivant à Paris ont arnaqué une somme de 1.800.000.000frs CFA de la Société Burkinabé (SOPAM) dirigée par le Mr Sogli Pangueba. Laissant l'état Tchadien dans la désarroi totale. Cette société SOPAM réclame toujours ces fonds à
l'état Tchadien. Suite dans nos prochaines..

**13/10/02:- COMMUNIQUE DE PRESSE DE CPR
Après plus de dix ans de pouvoir, le régime du Président Idriss Deby multiplie les pratiques de déstabilisation des Institutions de l'Etat et entrave leur bon fonctionnement,notamment chez la Police Nationale.La marginalisation systématique des cadres expérimentés et recrutement d'autres illetrés ou analphabetes proches au Chef de l'Etat est devenue habituelle. Ces nouveaux recrutés sont rapidement responsabilisés et ce sont eux qui bafouent en toute impunité les Droits de l'Homme, partiquent la torture et la corruption.Victime de la torture et des sévices corporels sous Hisséne Habrè et victime de discrimination, de marginalisation et d'intimidation du régime MPS/DEBY, le commissaire MOUSSA MOURSAL WADI en service à la Direction Générale de la sûreté Nationale depuis 1987 s'est révolté,hier, contre le régime. IL est entré en dissidence avec une dizaine des combattants pour lutter energiquement au sein de la CONVENTION POPULAIRE DE RESISTANCE (CPR).Le Commissaire MOUSSA WADI lance un appel vibrant à tous ses collèques dans les forces regulières de résister par tous les moyens et de désobéir au régime corrompu, injuste et Dictateur, afin d'aider le Peuple Tchadien à travers la CPR dans leur lutte légitime pour la Justice et la Liberté.
Fait à Paris, le 13/10/2001
Dr KODOK ABDEL AZIZ
Président de la CPR

**19/12/03:- L'Ouganda est un modèle de réforme microéconomique
United States Department of State (Washington, DC) 18 Décembre 2003, By Par Jim Fisher-Thompson, rédacteur du "Washington File", Washington, DC

Le 9 décembre, lors du Troisième Forum annuel de coopération commerciale et économique entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne (Forum de l'AGOA), l'administrateur de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), M. Andrew Natsios, a affirmé que le président de l'Ouganda, M. Yoweri Museveni, était le type de dirigeant dont l'Afrique avait besoin pour vraiment profiter des avantages offerts par la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA).

Il a conseillé aux ministres du commerce, des finances et des affaires étrangères des 37 pays africains qui participaient à ce Forum d'imiter l'Ouganda en concentrant toute leur attention sur les réformes microéconomiques visant à déréglementer les entreprises et à
créer un climat plus favorable aux investissements.
"Le président Museveni est un partisan des réformes microéconomiques et, conséquemment, il a été facile de mettre en oeuvre des changements dans son pays." Cela a permis à certains secteurs d'exportation qui étaient en difficulté, par exemple les fleurs
coupées, de prendre leur essor et de se tailler une part du marché des Etats-Unis, a expliqué M. Natsios.
Par contre, a-t-il ajouté, "il y a certains pays où le chef de l'Etat vous donne mille raisons pour lesquelles il refuse de modifier la réglementation des entreprises de crainte de voir l'Etat perdre tout contrôle sur elles. Or ceux qui veulent tout contrôler ne peuvent pas connaître une croissance économique rapide. Ce modèle conduit presque toujours à l'échec."
M. Natsios a ensuite expliqué que les recommandations de la Banque mondiale, de l'USAID et d'autres donateurs vantant les mérites des réformes microéconomiques - stabilité monétaire, faibles taux d'intérêts, règle de droit, démocratie et bonne gouvernance - étaient valables, mais insuffisantes.
"Des spécialistes des milieux d'affaires", tels que Michael Porter et d'autres, ont démontré que les réformes microéconomiques devaient s'accompagner de mesures de renforcement des capacités commerciales, a expliqué M. Natsios.
En Ouganda, a-t-il précisé, l'USAID a coopéré avec le secteur des fleurs coupées. "Il s'agit essentiellement de voir quels sont les règlements imposés par le gouvernement qui font obstacle à un secteur qui a un avantage comparatif. L'Ouganda a des terres très riches. Il bénéficie d'une bonne pluviosité. Il a des agriculteurs compétents.
Mais il y avait des problèmes au niveau de l'acheminement rapide des fleurs de Kampala aux Etats-Unis. Ces obstacles ont été éliminés, et on a constaté immédiatement une montée en flèche des exportations de fleurs coupées de l'Ouganda."
Afin de donner un élément de comparaison, M. Natsios a évoqué un pays africain où il s'est récemment rendu et où les choses ne se passent pas si bien. Il a cité l'exemple d'un homme d'affaires américain qui exportait des épis de maïs locaux aux fins de fabrication de balais aux Etats-Unis. L'homme d'affaires en question lui a expliqué que si la réglementation en vigueur dans le pays n'était pas si coûteuse, il
pourrait doubler le volume de ces exportations.
eulement, deux grands obstacles l'en empêchent, a expliqué M. Natsios. "Premièrement, il n'a pas pu obtenir de lettres de crédit favorables, parce que ce pays est dépourvu de banque commerciale bien établie. Deuxièmement, une entreprise a le monopole des expéditions, et elle a décrété qu'elle n'expédierait qu'une ou deux cargaisons par
semaine."
"Cet homme, a précisé M. Natsios, emploie 3.000 personnes de ce pays africain. Mais d'après lui, il pourrait en employer 10.000 (...) Il pourrait même installer son usine de fabrication de balais dans ce pays, mais la réglementation relative à la création d'entreprises est si terrible que cela prendrait bien 10 ans."
M. Natsios a souligné qu'il ne suffisait pas d'avoir du temps pour préparer un tel investissement. "Il faut une politique microéconomique adéquate. C'est précisément ce que nous essayons de faire avec nos trois centres d'activité commerciale - au Kenya, au
Ghana et au Botswana - nous réfléchissons aux mesures nécessaires pour soutenir une politique d'élimination des barrières commerciales, par exemple."
Le président Bush, a souligné M. Natsios, est profondément convaincu du bien-fondé de ce principe. "Il pense que, pour les pays en développement, c'est un moyen de sortir du piège de la pauvreté."


**DEMOCRATIE : L’Occident a trompé l’Afrique (21/12/03)
Jacques Chirac vient de jeter un véritable pavé dans la marre, à Tunis, chez son ami, le général Zine el-Abidine Ben Ali, en déclarant que « Le premier des droits de l'homme, c'est de manger d'être soigné, de recevoir une éducation et d'avoir un habitat » et qu'à cet égard, la Tunisie était « très en avance sur beaucoup d'autres pays » (fin de citation).
Mon propos ne se situe pas au niveau de ce cas singulier. Il ne fait pas non plus référence à la déclaration du président français dont la pensée n'a jamais varié sur l'opportunité de démocratiser les régimes africains. Souvenons-nous que c'est d'Abidjan, en 1989 (je crois) qu'il avait affirmé, tout haut, que « l'Afrique n'était pas encore mûre pour la démocratie ». En réalité, sans verser dans la philosophie et l'idéologie, mon propos sera tout simplement pratique à la lumière des faits observés tous les jours.
Que constate-t-on en Afrique en ce début de 3e millénaire ? Un continent qui est en voie de disparition sur lequel les populations vivaient mieux pendant les deux premières décennies post-indépendance que de nos jours. En effet, de la période 1980-1990 pendant laquelle s'est accentuée la mise sous tutelle des économies africaines, à l'écroulement des démocraties populaires symbolisé par la chute du Mur de Berlin, l'Afrique, prise dans ce tourbillon, a été officiellement encouragée par l'ancien président, François Mitterrand, au Sommet de la Baule en France, à aller, elle aussi, dans le sens de la démocratie et des droits de l'homme.
Mais si la démocratisation des pays africains était souhaitable pour le bien (non pas des Occidentaux mais des Africains), la façon dont ce processus fut amorcé, c'est-à-dire, dans l'improvisation totale, sans concertation aucune, a plutôt donné lieu à de sordides règlements de compte entre des hommes politiques où les rapports de force ont très souvent déterminé la suite du processus.
Dans quel pays sérieux où l'on marche sur les pieds et non sur la tête, peut-on instaurer la démocratie, c'est-à-dire, permettre la création des partis politiques d'opposition (autrement dit de contestation), favoriser celle des journaux indépendants (c'est-à-dire de contradiction), mais aussi et surtout celle des syndicats et associations totalement libres (dont l'objectif n'est que de revendiquer), alors que les caisses de l'Etat, « conjoncturées » par les programmes d'ajustement structurel du fait des économies sous tutelle, auxquels aucun pays africain n'y peut strictement rien, ne disposent pas du minimum requis pour répondre aux diverses attentes des personnes privées ou morales, à qui on vient d'accorder la totale liberté d'expression ?
François Mitterrand, grand donneur de leçons devant l'Eternel, a encouragé la démocratie. Mais au même moment, il n'a pas respecté ses promesses électorales au profit de l'Afrique quand il trônait au premier secrétariat du Parti Socialiste. L'aide au développement sous son règne, à l'Elysée, n'a jamais atteint 0,7% du PIB, comme il se proposait de le faire quand il était dans l'opposition. Au mieux des cas, celle-ci a dépassé une ou deux fois les 0,5% du PIB. Dans ces pires conditions, qu'aurait-il fait lui-même s'il était président d'un pays africain ?
Le grand désordre que nous voyons aujourd'hui dans certains pays africains, notamment francophones, a commencé à cette période. Ventre affamée n'ayant point d'oreilles, les Africains après trois décennies de privation de libertés, en ont incontestablement abusé, oeuvrant même sans le savoir contre l'intérêt suprême de leurs pays : la déstructuration du Zaïre provoquée par une conférence nationale qui a duré jusqu'à sept ans ; le génocide rwandais qui a provoqué un million de morts ; jadis appelé la « Suisse de l'Afrique » au regard de la prospérité de son économie, le Togo est entré dans une longue et forte zone de turbulence dans laquelle elle se débat toujours, etc. Je ne suis pas sûr que la région des Grands Lacs aurait connu le même sort si le processus de démocratisation y avait été mené de façon réfléchie et concertée, avec le soutien financier des pays occidentaux, en tenant compte des réalités et des spécificités de chaque pays. Aujourd'hui, c'est hélas toute l'Afrique qui paie les pots cassés.
J'affirme donc que l'Occident a trompé l'Afrique en l'encourageant à se démocratiser alors qu'il savait qu'il ne lui donnerait pas les moyens de faire face au tremblement de terre que provoquerait la démocratisation des régimes. L'Occident a trompé l'Afrique parce qu'il savait qu'une démocratisation sans les moyens (qu'il lui a refusés) entraînerait de graves conflits (qu'on observe un peu partout) et affaiblirait l'Etat, ce qui laisse carte blanche à ses multinationales qui se livrent à un pillage systématique des ressources sans rendre des comptes à personne, l'Etat (quand il existe) n'étant que l'ombre de lui-même.
Ce constat rend triste. Mais il n'y a pas lieu de baisser les bras car la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt. En travaillant plus et mieux, les Africains pourront inverser cette fâcheuse tendance qui, aujourd'hui, leur est franchement défavorable.

**20/12/03 La négritude et la Francophonie au seuil du XXIe siècle
En ce jour anniversaire du départ (ou du retour) du président Senghor, et après tant d'articles sur sa personne et son œuvre, cette année, je ne veux évoquer ici en quelques mots que les deux concepts pour lesquels il a mené un double combat envers et contre tout.Il est extrêmement difficile, de se prononcer sur le cheminement du président SENGHOR lorsqu'on le définit par la Négritude et la Francophonie. Car rien que cette indication est déjà si tendancieuse et contient une interprétation idéologique si précise qu'il n'est pratiquement plus besoin que d'illustrer le paradoxe qu'elle recèle implicitement. Or je n'ai jamais vu, pour ma part, une réelle contradiction entre ces deux pôles de la pensée senghorienne. Selon les époques et les nécessités, notre poète
embouche l'une ou l'autre trompette ; Nègre parmi les Nègres,francophonistes, un peu comme le missionnaire qui disait qu'il fallait être Chinois avec les Chinois 1 Il faut cependant se souvenir de l'Histoire : c’est tout de même SENGHOR qui, en même temps que Césaire et Alioune DIOP, créa le concept de négritude avant 1945, qui lui donna un contenu précis, racial et culturel, et qu'il ne cessa d'enrichir jusqu’à en faire « la
pensée de l'action », la théorie de sa politique. La négritude, cela fut donc d'abord un peu sa chose, il en a été tout à la fois le héraut et l'emblème, le professeur et l'artiste. Il a été celui qui donnait les repères, les paramètres de la négritude dans une œuvre poétique (voyez toutes ses préfaces), dans un tableau ou un masque, dans un spectacle ou un immeuble (ô le parallélisme asymétrique !). Il en a développé les
tentacules de livre en livre jusqu'à lui donner la dimension d'une idéologie. Bref s'il est un philosophe de la négritude c'est, devant tous les autres, Léopold Sédar SENGHOR. Il a fasciné ainsi toute une génération d'intellectuels africains qui ne s'arrachèrent qu'avec efforts (et parfois violence et injures : Marcien TOWA, Tidjani SERPOS, ADOTEVI, Pathé DIAGNE) à son discours de charmeur de serpent !

LA DÉMARCHE DE L’IMAGINAIRE
Car le discours sur la négritude fut certes l'aspect le plus connu et le plus développé de la pensée senghorienne. En dessous, en beaucoup plus discret, plus secret, il y eut le vécu. Le vécu de la négritude, nombreux sont ceux qui le nièrent chez notre poète. Nombreux ceux qui l'accusèrent de ne manier que des mots et des concepts, pour orner ou dissimuler un vécu européen. Pourtant en vérité, il suffit d'approfondir un peu, dans ses poèmes (1) la démarche de l'imaginaire, le jeu des sons, les références
culturelles, pour découvrir le vécu africain de SENGHOR.
*Université Cheikh Anta Diop de Dakar IFAN/C.A.D

(1) Voir L. KESTELOOT « Comprendre les Poèmes de L.S. SENGHOR » éd. St Paul
- Paris 1987

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