** ANTOINE BANGUI PRESIDENT DU G.C DE LA CMAP REPOND A lOBSERVATEUR
1°) Obs: Antoine Bangui, vous êtes parti dune manière assez rocambolesque de NDjaména. On vous a accusé par la suite dêtre le cerveau dune rébellion au sud. Que dites vous aujourdhui ?
R : Je ne suis pas parti du Tchad dune manière rocambolesque ! Jai pris normalement mon avion pour la France, après avoir rempli toutes les formalités de police et de douane, comme les autres voyageurs tchadiens. Mais il est vrai que ce départ prévu de longue date a été avancé de quelques mois et que je ne suis pas revenu dans mon pays depuis pour de bonnes raisons ! Je rappelle ici que jai subi des expériences douloureuses qui mont incité à la prudence ! En 1972, lorsque jai été incarcéré sous Tombalbaye, les avertissements ne mavaient pas manqué mais fort de ma bonne foi je ne les avais pas écoutés ! Je suis resté et vous connaissez la suite ! En 1995, sous le régime dictatorial de Déby, jai été tabassé et jai failli y laisser ma vie. Cela se passait au cours dune campagne de sensibilisation politique dans le Logone occidental. Avec mon fils et des amis qui maccompagnaient, nous avions été sauvagement agressés par la soldatesque du général Déby au chef-lieu du canton Ngondong. Il sen ait fallu de peu que lon nous expédie manu militari dans un monde meilleur ! Je rappelle que la plainte que javais déposée dès le 25 avril 1995 auprès du procureur de la République de Moundou na pas encore été instruite à ce jour.
Au moment de mon départ javais été informé des menaces qui pesaient sur moi. Par ailleurs, la publication de " Tchad : Elections sous contrôle " où je dénonce toutes les magouilles électorales dont a été victime le peuple tchadien, pouvait constituer un risque supplémentaire. Nous ne sommes pas au Tchad dans un pays de droit. Nous connaissons tous la manière expéditive dont le général Idriss Déby traite ses opposants et le plus efficace des opposants est encore un homme vivant. Donc, je tenais à le rester. A ces raisons sajoutait pour moi la nécessité dêtre à Paris pour répondre à certaines obligations consécutives à la sortie de mon livre.
Pour répondre à la deuxième partie de votre question concernant la rébellion, je voudrais insister sur le fait quil nest pas besoin dun cerveau pour quune rébellion se crée et se développe. La répression, linjustice, les exactions répétées et jamais punies de larmée clanique du général Déby, les abus des agents de commandement couverts ou même téléguidés par le pouvoir en place, linsécurité vécue au quotidien par les populations, la ponction systématique de leurs maigres ressources engendrent immanquablement des mécontentements, des amertumes, de légitimes colères qui génèrent les rébellions.
Et les procédés de Déby pour essayer de traiter le problème en éliminant ce quil considère être les cerveaux, cest- à- dire les responsables de la rébellion, soit en les assassinant, comme ce fut le cas de Laokein Bardé, du colonel Koty et de tant dautres, soit en faisant pression sur leurs familles par de sévères persécutions comme celles de Nahor, soit encore en les attirant par quelques prébendes ou de fallacieuses promesses, ne peut en aucun cas assainir la situation et calmer la rébellion dont les causes se trouvent dans la façon même dont est géré le pays. Si Déby avait accepté le verdict des urnes, nous nen serions pas là !
En ce qui me concerne, javais été effectivement contacté par des ex-militaires qui avaient assez du sort qui leur avait été réservé au sein de leur institution, du mépris dans lequel on les tenait. Sous la botte, humiliés, comprenant que le changement attendu par le peuple tchadien nétait pas pour demain avec les maîtres armés du pays, ils avaient décidé de passer à lacte. Bien que profondément pacifiste, javais approuvé leurs démarches et jétais en effet décidé à les soutenir par tous les moyens dont je disposais car la non-violence et lopposition légale au sein dun parti reconnu que javais toujours préconisées navaient servi quà conforter ce pouvoir cynique qui ne cherche quà senrichir et à rester ! Nos attaques verbales nétaient pour Déby que des piqûres dépingles sans importance, qui plus est, laidait à présenter une illusoire façade de démocratie aux pays occidentaux ! Cest comme ça quon déroule des tapis rouges aux tyrans sanguinaires et corrompus !
Aujourdhui, je répète ce que je disais hier : il faut que le Tchad accède à la modernité par le biais dune démocratie réelle et que les Tchadiens puissent vivre en liberté dans un Etat de droit. Cest mon seul idéal. Jaffirme ici solennellement que je lutte pour atteindre cet objectif et non pas pour conquérir un poste politique quel quil soit ou pour bénéficier de marques honorifiques. Pour que la paix revienne dans notre pays il faut que naisse une relève de jeunes politiciens animés par le même idéal, capables dassurer une saine gestion de nos ressources, de mener une politique sociale et économique pour le bien-être de tous les Tchadiens et non pour lenrichissement dune petite classe privilégiée. Dans le contexte de la mondialisation actuelle, si nous ne voulons pas demeurer pour des décennies les derniers du peloton des nations et finalement des laisser pour compte, cest une exigence qui devra être assumée.
Il faut également que les Tchadiens prennent conscience que leur sort est entre leurs mains et quêtre patriote cest vouloir un pays indépendant où les citoyens possèdent des droits, des libertés et ne soient pas soumis au pouvoir des plus forts parce que pourvus en argent et puissamment armés !
A mon âge, il maurait été plus facile de vivre une retraite tranquille et décrire mes souvenirs plutôt que de me consacrer à cette lutte où je consacre mes forces, physiques et intellectuelles, et mes moyens matériels ! Cest un sacrifice que je consens en toute connaissance de cause parce quil arrive un jour où il faut choisir entre la facilité lénifiante et égoïste ou le devoir dêtre un homme libre.
2°) Obs: Vous venez dêtre nommé président du Grand Conseil de la CMAP avec comme premier Conseiller Dr. Oumar Adoum Tcharimi. Quel est le rôle du Grand Conseil ?
R : Rappelons que les trois postes de Conseillers prévus dans le Bureau du Grand Conseil sont attribués lun, au Dr. Mahmout Nahor, lautre, au Dr. Oumar Adoum Tcharimi. Il reste à pourvoir un troisième poste, ce qui devrait se faire sans tarder. Le rôle assigné au Grand Conseil de la CMAP est défini dans ses textes fondamentaux, notamment à larticle 21 du Protocole dAccord (Il planifie, arrête et adopte toutes les orientations, recommandations, résolutions et décisions politiques et militaires de la CMAP) et complété dans les articles 6, 7, 9 et 14 du Règlement intérieur dont je vous ferai parvenir ultérieurement une copie. Pour nous résumer, le rôle du Grand Conseil consiste à définir la meilleure stratégie pour obtenir la chute du régime du général Idriss Déby.
Puisque jai ici la parole, je dois insister, une fois de plus, sur les objectifs à court et moyen terme de la CMAP. Les partis politiques et les mouvements politico-militaires qui la forment se sont unis pour abattre le régime dictatorial et corrompu de Déby. Tous les moyens, tant politiques, diplomatiques que militaires sil le faut, seront utilisés pour y parvenir. Mais lobjectif nest pas le pouvoir pour le pouvoir ! La CMAP sest ensuite fixée pour but de poser les bases dune démocratie réelle, solide et durable dans un Etat de droit par le biais dune période transitoire où seront conçus les instruments de cette démocratie, cest-à-dire les institutions de lEtat nécessaires à son bon fonctionnement. .
En corollaire à ces objectifs, le développement économique du Tchad et la paix sur lensemble du territoire sans quoi rien ne peut se faire ! Une paix globale conçue avec le concours de tous les acteurs tchadiens, en particulier les partis politiques de lopposition, les organisations de la société civile et les mouvements armés.
Si Déby était un homme politique responsable et un patriote conscient de la ruine actuelle de son pays, lavenir du Tchad devrait être, en sa qualité de président de la République, sa préoccupation majeure. Cest pourquoi la CMAP lui demande de répondre favorablement à lappel de négociation que lui proposent les mouvements armés et les partis politiques de lopposition. Malheureusement, par expérience, nous avons toutes les raisons de craindre que le général Déby, qui comprend surtout le langage de la force et méprise ceux qui cherchent à résoudre les problèmes dune manière plus politique, nait pas la volonté daboutir à un règlement global. Nous savons aussi quil ne respecte ni ses engagements ni sa parole donnée et quil usera jusquau bout de la politique bien rôdée de la carotte et du bâton, promesses fallacieuses dun côté et répressions sanglantes de lautre, son seul objectif étant de se maintenir au pouvoir. La CMAP nacceptera pas dentrer dans un jeu pipé davance. Aussi, est-elle prête, si les prémices des négociations échouent, à opposer aux armes du général Déby dautres armes et à mobiliser toutes ses forces.
Nous ne sommes pourtant pas des va-t-en guerre et nous sommes conscients des risques encourus par les populations civiles. La sagesse et lhumanité voudraient que le pouvoir ne prennent aucune mesure regrettable de répression contre dinnocentes populations civiles et nopère pas de sanglants ratissages militaires dans nos campagnes comme il lavait fait au Moyen Chari au moment de laffaire Nahor et plus récemment au Tibesti. La raison voudrait également quil entende les appels que nous lui lançons. La balle est dans son camp.
3°) Obs: Dans le communiqué qui a suivi la décision, vous dénoncez une certaine façon de faire du régime dont son refus daller à la table ronde qui doit réunir toute la classe politique tchadienne et lopposition armée. Est-ce que dans létat actuel de pourrissement, la table ronde est la solution idéale ?
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R : Comme vous pouvez le constater, jai déjà répondu en partie à cette question. Le régime dictatorial imposé par le général Idriss Déby se maintient au pouvoir coûte que coûte, pille le Tchad sans vergogne et se soucie peu du devenir du Tchad et de son peuple. Plutôt que de régler les problèmes globalement pour une paix durable, il semploie à mener des négociations séparées avec des groupes rebelles pour obtenir leur ralliement pur et simple, en leur faisant miroiter postes ministériels et espèces sonnantes et trébuchantes. Doù sort dailleurs cet argent ? Dans quel secteur est-il budgétisé ? Ce nest quune petite question en passant mais qui souligne la défaillance du gouvernement et du parlement incapables de contrôler les finances ! Les Tchadiens de jour en jour plus misérables, ne veulent pas de ces manuvres ! Encore moins la CMAP.
Néanmoins, pour le Tchad qui senlise depuis des décennies dans un engrenage de guerre, de rébellions et de répressions, nous devons rechercher une solution de paix, et je le précise une fois de plus, une paix globale sans laquelle tout développement et tout progrès savèrent impossibles.
La CMAP a un programme de paix à soumettre et à discuter de manière consensuelle car elle considère que la paix au Tchad est un problème majeur qui concerne tous les Tchadiens. Aussi, comme dautres partis politiques de lopposition, nous souhaitons lorganisation, non pas dune table ronde, aujourdhui dépassée, mais dune conférence de paix regroupant les partis politiques de lopposition, les organisations de la société civile et les mouvements armés sous le patronage de lOUA, des Nations Unies, des nations de la sous-région et de la France.
Nous sommes bien conscients que cette conférence de paix ne constitue pas une solution idéale mais nous pensons quelle peut être lamorce dune solution vers un certain assainissement de la situation politique, le commencement dun processus nécessaire pour ramener la concorde et répondre à lespoir des Tchadiens, en quelque sorte lamorce dune solution enrayant létat actuel de pourrissement que vous signalez.
Il est également certain quelle jetterait un éclairage significatif sur les disponibilités des parties en présence et leurs capacités de régler, non par les armes mais par les voies politiques, une partie des problèmes qui sont à lorigine de linsécurité, du mécontentement des populations et par suite des rébellions. Révélatrice de létat desprit des participants, elle démasquerait ceux qui sont à la recherche du pouvoir pour le pouvoir et par là, rendrait déjà un grand service aux Tchadiens !
Dans une telle assemblée ce qui demeure toujours intéressant, cest létablissement dun dialogue, ce dialogue qui a tant de peine à se mettre en place chez nous ! Cest pourtant lui qui devrait nous permettre de faire une approche de la culture démocratique ; dinventorier les pratiques de la corruption qui ternissent limage du Tchad ; de chercher des réponses aux moyens pratiques dinstaller des structures démocratiques au niveau du village, du canton, de la région ; denvisager la meilleure façon de faire émerger les cadres politiques de demain etc
La relève doit être assurée pour que la démocratie qui devra suivre les régimes dictatoriaux que nous avons jusquici subis ne puisse être récupérée par quelques ambitieux plus soucieux du pouvoir et de la gloire que de lintérêt de leurs compatriotes !
Contrairement à ce que jentends et lis, il faut faire comprendre à nos mentalités encore imprégnées desprit colonialiste, quil ny a pas « dhomme providentiel » pour sauver le Tchad. Seule y parviendra une volonté commune de tous les Tchadiens et cette volonté peut sexprimer à travers leurs représentants réunis pour discuter de nos problèmes comme nous en avions fait une première expérience avec la Conférence Nationale Souveraine.
Nous avons un défi à relever pour accéder à une forme de lEtat compatible avec les libertés et droits des individus, le développement économique et social, lessor du Tchad et son avenir dont les politiciens non avertis parlent à tort et à travers, au risque de mettre en cause lunité du pays.
4°) Obs: Vous vous opposez aussi à lexploitation du pétrole maintenant. En attendant quelle est la solution de rechange que vous proposez ?
R : Comme tant dautres Tchadiens membres des partis politiques de lopposition, des organisations tchadiennes de défenses des droits de lhomme, des ONG tant nationales quinternationales, la CMAP déclare en effet sa ferme opposition à lexploitation du pétrole tchadien dans les circonstances actuelles. Pourquoi me demanderez-vous, alors que le pétrole est présenté comme une manne providentielle qui sauverait le Tchad de son extrême pauvreté ?
La réponse est simple. Ce qui fait la richesse dun pays, ce ne sont pas nécessairement les ressources de son sol et de son sous-sol. Cest son organisation, sa stabilité politique, la qualité de ses dirigeants capables ou non dinspirer confiance. Lorsque ces conditions sont réunies les capitaux et investissements étrangers affluent! Le Tchad est sous la coupe dun régime répressif et corrompu qui ne respecte ni les droits des populations, ni lenvironnement et soctroient tous les pouvoirs. Lorsque lon voit comment sont pillés les caisses de lEtat et les ressources actuelles du pays, que lon constate la gouvernance catastrophique de nos dirigeants, on ne peut quêtre très inquiets rien quà lidée dune exploitation de nos richesses minières ! Ce que nous avons appris des premières tractations entre lactuel régime et les compagnies pétrolières nous démontrent la volonté de profit de part et dautre sans aucune garantie pour les populations locales qui en subiront les nuisances, seront expulsées de leurs terres sans contrepartie valable, verront leur environnement gravement endommagé ou détruit. Le peuple tchadien dans son ensemble ne bénéficiera daucune retombée économique de lexploitation de son or noir dont les royalties seront détournées, accaparées comme les autres ressources au profit du clan Déby.
La rébellion ne sera pas éteinte pour autant et lexploitation du pétrole nous laisse craindre des massacres, voire un génocide de nos populations ! Il est vrai que pour calmer les esprits et faire taire les revendications, on distribuera certainement au moment opportun quelques billets de banque, peut-être même des faux, comme pour une campagne électorale ou comme on fait laumône ! Un proche de Déby na-t-il pas affirmé à une jeune Française qui ma rapporté linsultant propos : « quil suffisait de donner une poignée de mil à un sudiste pour quil ferme sa gueule » ?
Tout cela est indigne, insupportable !
Il y aura des solutions de rechange quand le Tchad vivra sous une démocratie dont les nouveaux responsables politiques exigeront des études précises et approfondies pour lexploitation rationnelle du pétrole dans des conditions acceptables et acceptées par les populations, dans le respect de leurs droits et de lenvironnement ! Le pétrole pourra peut-être alors contribuer au progrès social et au développement du Tchad. Mais là encore, une grande prudence simposera et il sera nécessaire de prendre en compte les avis de toutes les compétences en la matière.
5) LObs: Quels sont vos rapports avec Youssouf Togoïmi ?
R : Les membres de la CMAP ont cherché à établir un dialogue avec la direction du MDJT, comme avec les autres mouvements politico-militaires. Mais en vain. Cela peut sexpliquer soit par les difficultés de communication directe avec Youssouf Togoïmi retenu sur les théâtres des opérations du Tibesti, soit par lattitude méprisante quavaient affiché certains de ses partisans déclarant au moment de la création de la CMAP que celle-ci était formée « dillustres inconnus » ! Nous navons accordé aucune importance à ce genre de propos car il ne faut pas se tromper dadversaire. Celui de la CMAP cest la dictature Déby ! Au sein de notre Coordination, nous pensons en effet que tout mouvement qui combat le régime liberticide du général Idriss Déby mérite attention et soutien. La CMAP se veut ouverte à tous ceux qui luttent pour un renouveau démocratique. Cest dans ce sens quelle continuera à tout mettre en uvre pour nouer contact avec le MDJT dont les efforts sur le terrain ont été méritoires. Notons cependant que des rumeurs circulent affirmant que le MDJT bénéficie du soutien de lancien président Hissein Habré, reconnu coupable de crimes contre lhumanité et poursuivi comme tel devant les tribunaux sénégalais. Afin de préserver son crédit moral, il appartient au MDJT de faire une déclaration pour éclaircir la situation et se désolidariser de lex dictateur H.Habré, dont Déby était le lieutenant !
6) Obs: Le Sud est en proie à la rébellion, principalement dans la région de Doba qui est votre région. Ketté Moïse est recherché effectivement dans cette zone. En tant que leader dopinion et opposant quen dites-vous ? Dans la mesure où les populations de cette zone ont payé par le passé un lourd tribut par rapport à la rébellion.
R : La CMAP a en effet appris que le colonel Ketté Moïse avait regagné le maquis pour la deuxième fois. Mais nous navons aucune certitude de sa présence dans la région de Doba. Le combat de la CMAP a des objectifs précis dont linstauration de la démocratie au Tchad. Chaque combattant doit en avoir pleinement conscience. Nous ne connaissons pas les véritables intentions de Moïse Ketté mais sil est animé par le même idéal que nous, il ne manquera pas de chercher à prendre contact avec notre organisation. Le Grand Conseil discutera alors de la suite à donner. La CMAP est parfaitement consciente des exactions subies par les populations du Tchad et pas seulement celles du sud Tchad et du grand Logone. Peu de régions ont été épargnées ! Citons entre autres le Ouaddaï géographique avec en 1994 les=>www.maxpages.com/tchad/interview6 |