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INTERVIEW 5
La deuxième interview (après celle de la BBC le 28/5) du président du Grand Conseil de la CMAP, M. Antoine Bangui. Interview accordée au journal "l'Observateur" parue le 7 juin..Lire aussi l'interview du Commissaire aux R. Ext. de la CMAP, Dr. Ley


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** ANTOINE BANGUI PRESIDENT DU G.C DE LA CMAP REPOND A l’OBSERVATEUR

1°) Obs: Antoine Bangui, vous êtes parti d’une manière assez rocambolesque de N’Djaména. On vous a accusé par la suite d’être le cerveau d’une rébellion au sud. Que dites vous aujourd’hui ?

R : Je ne suis pas parti du Tchad d’une manière rocambolesque ! J’ai pris normalement mon avion pour la France, après avoir rempli toutes les formalités de police et de douane, comme les autres voyageurs tchadiens. Mais il est vrai que ce départ prévu de longue date a été avancé de quelques mois et que je ne suis pas revenu dans mon pays depuis pour de bonnes raisons ! Je rappelle ici que j’ai subi des expériences douloureuses qui m’ont incité à la prudence ! En 1972, lorsque j’ai été incarcéré sous Tombalbaye, les avertissements ne m’avaient pas manqué mais fort de ma bonne foi je ne les avais pas écoutés ! Je suis resté et vous connaissez la suite ! En 1995, sous le régime dictatorial de Déby, j’ai été tabassé et j’ai failli y laisser ma vie. Cela se passait au cours d’une campagne de sensibilisation politique dans le Logone occidental. Avec mon fils et des amis qui m’accompagnaient, nous avions été sauvagement agressés par la soldatesque du général Déby au chef-lieu du canton Ngondong. Il s’en ait fallu de peu que l’on nous expédie manu militari dans un monde meilleur ! Je rappelle que la plainte que j’avais déposée dès le 25 avril 1995 auprès du procureur de la République de Moundou n’a pas encore été instruite à ce jour.
Au moment de mon départ j’avais été informé des menaces qui pesaient sur moi. Par ailleurs, la publication de " Tchad : Elections sous contrôle " où je dénonce toutes les magouilles électorales dont a été victime le peuple tchadien, pouvait constituer un risque supplémentaire. Nous ne sommes pas au Tchad dans un pays de droit. Nous connaissons tous la manière expéditive dont le général Idriss Déby traite ses opposants et le plus efficace des opposants est encore un homme vivant. Donc, je tenais à le rester. A ces raisons s’ajoutait pour moi la nécessité d’être à Paris pour répondre à certaines obligations consécutives à la sortie de mon livre.
Pour répondre à la deuxième partie de votre question concernant la rébellion, je voudrais insister sur le fait qu’il n’est pas besoin d’un cerveau pour qu’une rébellion se crée et se développe. La répression, l’injustice, les exactions répétées et jamais punies de l’armée clanique du général Déby, les abus des agents de commandement couverts ou même téléguidés par le pouvoir en place, l’insécurité vécue au quotidien par les populations, la ponction systématique de leurs maigres ressources engendrent immanquablement des mécontentements, des amertumes, de légitimes colères qui génèrent les rébellions.
Et les procédés de Déby pour essayer de traiter le problème en éliminant ce qu’il considère être les cerveaux, c’est- à- dire les responsables de la rébellion, soit en les assassinant, comme ce fut le cas de Laokein Bardé, du colonel Koty et de tant d’autres, soit en faisant pression sur leurs familles par de sévères persécutions comme celles de Nahor, soit encore en les attirant par quelques prébendes ou de fallacieuses promesses, ne peut en aucun cas assainir la situation et calmer la rébellion dont les causes se trouvent dans la façon même dont est géré le pays. Si Déby avait accepté le verdict des urnes, nous n’en serions pas là !
En ce qui me concerne, j’avais été effectivement contacté par des ex-militaires qui avaient assez du sort qui leur avait été réservé au sein de leur institution, du mépris dans lequel on les tenait. Sous la botte, humiliés, comprenant que le changement attendu par le peuple tchadien n’était pas pour demain avec les maîtres armés du pays, ils avaient décidé de passer à l’acte. Bien que profondément pacifiste, j’avais approuvé leurs démarches et j’étais en effet décidé à les soutenir par tous les moyens dont je disposais car la non-violence et l’opposition légale au sein d’un parti reconnu que j’avais toujours préconisées n’avaient servi qu’à conforter ce pouvoir cynique qui ne cherche qu’à s’enrichir et à rester ! Nos attaques verbales n’étaient pour Déby que des piqûres d’épingles sans importance, qui plus est, l’aidait à présenter une illusoire façade de démocratie aux pays occidentaux ! C’est comme ça qu’on déroule des tapis rouges aux tyrans sanguinaires et corrompus !

Aujourd’hui, je répète ce que je disais hier : il faut que le Tchad accède à la modernité par le biais d’une démocratie réelle et que les Tchadiens puissent vivre en liberté dans un Etat de droit. C’est mon seul idéal. J’affirme ici solennellement que je lutte pour atteindre cet objectif et non pas pour conquérir un poste politique quel qu’il soit ou pour bénéficier de marques honorifiques. Pour que la paix revienne dans notre pays il faut que naisse une relève de jeunes politiciens animés par le même idéal, capables d’assurer une saine gestion de nos ressources, de mener une politique sociale et économique pour le bien-être de tous les Tchadiens et non pour l’enrichissement d’une petite classe privilégiée. Dans le contexte de la mondialisation actuelle, si nous ne voulons pas demeurer pour des décennies les derniers du peloton des nations et finalement des laisser pour compte, c’est une exigence qui devra être assumée.
Il faut également que les Tchadiens prennent conscience que leur sort est entre leurs mains et qu’être patriote c’est vouloir un pays indépendant où les citoyens possèdent des droits, des libertés et ne soient pas soumis au pouvoir des plus forts parce que pourvus en argent et puissamment armés !
A mon âge, il m’aurait été plus facile de vivre une retraite tranquille et d’écrire mes souvenirs plutôt que de me consacrer à cette lutte où je consacre mes forces, physiques et intellectuelles, et mes moyens matériels ! C’est un sacrifice que je consens en toute connaissance de cause parce qu’il arrive un jour où il faut choisir entre la facilité lénifiante et égoïste ou le devoir d’être un homme libre.


2°) Obs: Vous venez d’être nommé président du Grand Conseil de la CMAP avec comme premier Conseiller Dr. Oumar Adoum Tcharimi. Quel est le rôle du Grand Conseil ?

R : Rappelons que les trois postes de Conseillers prévus dans le Bureau du Grand Conseil sont attribués l’un, au Dr. Mahmout Nahor, l’autre, au Dr. Oumar Adoum Tcharimi. Il reste à pourvoir un troisième poste, ce qui devrait se faire sans tarder. Le rôle assigné au Grand Conseil de la CMAP est défini dans ses textes fondamentaux, notamment à l’article 21 du Protocole d’Accord (Il planifie, arrête et adopte toutes les orientations, recommandations, résolutions et décisions politiques et militaires de la CMAP) et complété dans les articles 6, 7, 9 et 14 du Règlement intérieur dont je vous ferai parvenir ultérieurement une copie. Pour nous résumer, le rôle du Grand Conseil consiste à définir la meilleure stratégie pour obtenir la chute du régime du général Idriss Déby.

Puisque j’ai ici la parole, je dois insister, une fois de plus, sur les objectifs à court et moyen terme de la CMAP. Les partis politiques et les mouvements politico-militaires qui la forment se sont unis pour abattre le régime dictatorial et corrompu de Déby. Tous les moyens, tant politiques, diplomatiques que militaires s’il le faut, seront utilisés pour y parvenir. Mais l’objectif n’est pas le pouvoir pour le pouvoir ! La CMAP s’est ensuite fixée pour but de poser les bases d’une démocratie réelle, solide et durable dans un Etat de droit par le biais d’une période transitoire où seront conçus les instruments de cette démocratie, c’est-à-dire les institutions de l’Etat nécessaires à son bon fonctionnement. .
En corollaire à ces objectifs, le développement économique du Tchad et la paix sur l’ensemble du territoire sans quoi rien ne peut se faire ! Une paix globale conçue avec le concours de tous les acteurs tchadiens, en particulier les partis politiques de l’opposition, les organisations de la société civile et les mouvements armés.
Si Déby était un homme politique responsable et un patriote conscient de la ruine actuelle de son pays, l’avenir du Tchad devrait être, en sa qualité de président de la République, sa préoccupation majeure. C’est pourquoi la CMAP lui demande de répondre favorablement à l’appel de négociation que lui proposent les mouvements armés et les partis politiques de l’opposition. Malheureusement, par expérience, nous avons toutes les raisons de craindre que le général Déby, qui comprend surtout le langage de la force et méprise ceux qui cherchent à résoudre les problèmes d’une manière plus politique, n’ait pas la volonté d’aboutir à un règlement global. Nous savons aussi qu’il ne respecte ni ses engagements ni sa parole donnée et qu’il usera jusqu’au bout de la politique bien rôdée de la carotte et du bâton, promesses fallacieuses d’un côté et répressions sanglantes de l’autre, son seul objectif étant de se maintenir au pouvoir. La CMAP n’acceptera pas d’entrer dans un jeu pipé d’avance. Aussi, est-elle prête, si les prémices des négociations échouent, à opposer aux armes du général Déby d’autres armes et à mobiliser toutes ses forces.
Nous ne sommes pourtant pas des va-t-en guerre et nous sommes conscients des risques encourus par les populations civiles. La sagesse et l’humanité voudraient que le pouvoir ne prennent aucune mesure regrettable de répression contre d’innocentes populations civiles et n’opère pas de sanglants ratissages militaires dans nos campagnes comme il l’avait fait au Moyen Chari au moment de l’affaire Nahor et plus récemment au Tibesti. La raison voudrait également qu’il entende les appels que nous lui lançons. La balle est dans son camp.

3°) Obs: Dans le communiqué qui a suivi la décision, vous dénoncez une certaine façon de faire du régime dont son refus d’aller à la table ronde qui doit réunir toute la classe politique tchadienne et l’opposition armée. Est-ce que dans l’état actuel de pourrissement, la table ronde est la solution idéale ?
.
R : Comme vous pouvez le constater, j’ai déjà répondu en partie à cette question. Le régime dictatorial imposé par le général Idriss Déby se maintient au pouvoir coûte que coûte, pille le Tchad sans vergogne et se soucie peu du devenir du Tchad et de son peuple. Plutôt que de régler les problèmes globalement pour une paix durable, il s’emploie à mener des négociations séparées avec des groupes rebelles pour obtenir leur ralliement pur et simple, en leur faisant miroiter postes ministériels et espèces sonnantes et trébuchantes. D’où sort d’ailleurs cet argent ? Dans quel secteur est-il budgétisé ? Ce n’est qu’une petite question en passant mais qui souligne la défaillance du gouvernement et du parlement incapables de contrôler les finances ! Les Tchadiens de jour en jour plus misérables, ne veulent pas de ces manœuvres ! Encore moins la CMAP.
Néanmoins, pour le Tchad qui s’enlise depuis des décennies dans un engrenage de guerre, de rébellions et de répressions, nous devons rechercher une solution de paix, et je le précise une fois de plus, une paix globale sans laquelle tout développement et tout progrès s’avèrent impossibles.

La CMAP a un programme de paix à soumettre et à discuter de manière consensuelle car elle considère que la paix au Tchad est un problème majeur qui concerne tous les Tchadiens. Aussi, comme d’autres partis politiques de l’opposition, nous souhaitons l’organisation, non pas d’une table ronde, aujourd’hui dépassée, mais d’une conférence de paix regroupant les partis politiques de l’opposition, les organisations de la société civile et les mouvements armés sous le patronage de l’OUA, des Nations Unies, des nations de la sous-région et de la France.
Nous sommes bien conscients que cette conférence de paix ne constitue pas une solution idéale mais nous pensons qu’elle peut être l’amorce d’une solution vers un certain assainissement de la situation politique, le commencement d’un processus nécessaire pour ramener la concorde et répondre à l’espoir des Tchadiens, en quelque sorte l’amorce d’une solution enrayant l’état actuel de pourrissement que vous signalez.
Il est également certain qu’elle jetterait un éclairage significatif sur les disponibilités des parties en présence et leurs capacités de régler, non par les armes mais par les voies politiques, une partie des problèmes qui sont à l’origine de l’insécurité, du mécontentement des populations et par suite des rébellions. Révélatrice de l’état d’esprit des participants, elle démasquerait ceux qui sont à la recherche du pouvoir pour le pouvoir et par là, rendrait déjà un grand service aux Tchadiens !
Dans une telle assemblée ce qui demeure toujours intéressant, c’est l’établissement d’un dialogue, ce dialogue qui a tant de peine à se mettre en place chez nous ! C’est pourtant lui qui devrait nous permettre de faire une approche de la culture démocratique ; d’inventorier les pratiques de la corruption qui ternissent l’image du Tchad ; de chercher des réponses aux moyens pratiques d’installer des structures démocratiques au niveau du village, du canton, de la région ; d’envisager la meilleure façon de faire émerger les cadres politiques de demain etc… La relève doit être assurée pour que la démocratie qui devra suivre les régimes dictatoriaux que nous avons jusqu’ici subis ne puisse être récupérée par quelques ambitieux plus soucieux du pouvoir et de la gloire que de l’intérêt de leurs compatriotes !
Contrairement à ce que j’entends et lis, il faut faire comprendre à nos mentalités encore imprégnées d’esprit colonialiste, qu’il n’y a pas « d’homme providentiel » pour sauver le Tchad. Seule y parviendra une volonté commune de tous les Tchadiens et cette volonté peut s’exprimer à travers leurs représentants réunis pour discuter de nos problèmes comme nous en avions fait une première expérience avec la Conférence Nationale Souveraine.
Nous avons un défi à relever pour accéder à une forme de l’Etat compatible avec les libertés et droits des individus, le développement économique et social, l’essor du Tchad et son avenir dont les politiciens non avertis parlent à tort et à travers, au risque de mettre en cause l’unité du pays.

4°) Obs: Vous vous opposez aussi à l’exploitation du pétrole maintenant. En attendant quelle est la solution de rechange que vous proposez ?

R : Comme tant d’autres Tchadiens membres des partis politiques de l’opposition, des organisations tchadiennes de défenses des droits de l’homme, des ONG tant nationales qu’internationales, la CMAP déclare en effet sa ferme opposition à l’exploitation du pétrole tchadien dans les circonstances actuelles. Pourquoi me demanderez-vous, alors que le pétrole est présenté comme une manne providentielle qui sauverait le Tchad de son extrême pauvreté ?
La réponse est simple. Ce qui fait la richesse d’un pays, ce ne sont pas nécessairement les ressources de son sol et de son sous-sol. C’est son organisation, sa stabilité politique, la qualité de ses dirigeants capables ou non d’inspirer confiance. Lorsque ces conditions sont réunies les capitaux et investissements étrangers affluent! Le Tchad est sous la coupe d’un régime répressif et corrompu qui ne respecte ni les droits des populations, ni l’environnement et s’octroient tous les pouvoirs. Lorsque l’on voit comment sont pillés les caisses de l’Etat et les ressources actuelles du pays, que l’on constate la gouvernance catastrophique de nos dirigeants, on ne peut qu’être très inquiets rien qu’à l’idée d’une exploitation de nos richesses minières ! Ce que nous avons appris des premières tractations entre l’actuel régime et les compagnies pétrolières nous démontrent la volonté de profit de part et d’autre sans aucune garantie pour les populations locales qui en subiront les nuisances, seront expulsées de leurs terres sans contrepartie valable, verront leur environnement gravement endommagé ou détruit. Le peuple tchadien dans son ensemble ne bénéficiera d’aucune retombée économique de l’exploitation de son or noir dont les royalties seront détournées, accaparées comme les autres ressources au profit du clan Déby.
La rébellion ne sera pas éteinte pour autant et l’exploitation du pétrole nous laisse craindre des massacres, voire un génocide de nos populations ! Il est vrai que pour calmer les esprits et faire taire les revendications, on distribuera certainement au moment opportun quelques billets de banque, peut-être même des faux, comme pour une campagne électorale ou comme on fait l’aumône ! Un proche de Déby n’a-t-il pas affirmé à une jeune Française qui m’a rapporté l’insultant propos : « qu’il suffisait de donner une poignée de mil à un sudiste pour qu’il ferme sa gueule » ?
Tout cela est indigne, insupportable !
Il y aura des solutions de rechange quand le Tchad vivra sous une démocratie dont les nouveaux responsables politiques exigeront des études précises et approfondies pour l’exploitation rationnelle du pétrole dans des conditions acceptables et acceptées par les populations, dans le respect de leurs droits et de l’environnement ! Le pétrole pourra peut-être alors contribuer au progrès social et au développement du Tchad. Mais là encore, une grande prudence s’imposera et il sera nécessaire de prendre en compte les avis de toutes les compétences en la matière.

5) L’Obs: Quels sont vos rapports avec Youssouf Togoïmi ?

R : Les membres de la CMAP ont cherché à établir un dialogue avec la direction du MDJT, comme avec les autres mouvements politico-militaires. Mais en vain. Cela peut s’expliquer soit par les difficultés de communication directe avec Youssouf Togoïmi retenu sur les théâtres des opérations du Tibesti, soit par l’attitude méprisante qu’avaient affiché certains de ses partisans déclarant au moment de la création de la CMAP que celle-ci était formée « d’illustres inconnus » ! Nous n’avons accordé aucune importance à ce genre de propos car il ne faut pas se tromper d’adversaire. Celui de la CMAP c’est la dictature Déby ! Au sein de notre Coordination, nous pensons en effet que tout mouvement qui combat le régime liberticide du général Idriss Déby mérite attention et soutien. La CMAP se veut ouverte à tous ceux qui luttent pour un renouveau démocratique. C’est dans ce sens qu’elle continuera à tout mettre en œuvre pour nouer contact avec le MDJT dont les efforts sur le terrain ont été méritoires. Notons cependant que des rumeurs circulent affirmant que le MDJT bénéficie du soutien de l’ancien président Hissein Habré, reconnu coupable de crimes contre l’humanité et poursuivi comme tel devant les tribunaux sénégalais. Afin de préserver son crédit moral, il appartient au MDJT de faire une déclaration pour éclaircir la situation et se désolidariser de l’ex dictateur H.Habré, dont Déby était le lieutenant !

6) Obs: Le Sud est en proie à la rébellion, principalement dans la région de Doba qui est votre région. Ketté Moïse est recherché effectivement dans cette zone. En tant que leader d’opinion et opposant qu’en dites-vous ? Dans la mesure où les populations de cette zone ont payé par le passé un lourd tribut par rapport à la rébellion.

R : La CMAP a en effet appris que le colonel Ketté Moïse avait regagné le maquis pour la deuxième fois. Mais nous n’avons aucune certitude de sa présence dans la région de Doba. Le combat de la CMAP a des objectifs précis dont l’instauration de la démocratie au Tchad. Chaque combattant doit en avoir pleinement conscience. Nous ne connaissons pas les véritables intentions de Moïse Ketté mais s’il est animé par le même idéal que nous, il ne manquera pas de chercher à prendre contact avec notre organisation. Le Grand Conseil discutera alors de la suite à donner. La CMAP est parfaitement consciente des exactions subies par les populations du Tchad et pas seulement celles du sud Tchad et du grand Logone. Peu de régions ont été épargnées ! Citons entre autres le Ouaddaï géographique avec en 1994 les=>www.maxpages.com/tchad/interview6

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