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Tchad/Culture
Interview du premier rappeur tchadien......L'origine des Sara............Le Hambata chez les Zaghawa et les Bideyate (suite)


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Alwihda 8/7/02:- Interview de Kaar Kaas Sonn, premier spécialiste du Rap tchadien.
Alwihda :-Pouvez vous nous présenter votre parcours et présenter en quelques mots le métier d'artiste dans lequel vous vous êtes engagés?
Kaar Kaas :- Bonjour à tous. Mon parcours est plutôt du genre scolaire. Je ne suis venu au rap que tardivement en 1999. Avant, j'ai fait des études. Actuellement encore je fais d'autres études. Mais depuis 1999, j'ai fait trois disques et c'est plutôt positif. J'ai fait quelques concerts où j'ai pu mesurer la portée de ce que je fais. C'est enthousiasmant et archi motivant -mais aussi émouvant et enrichissant! J'ai eu de bons rapports avec la presse et les médias au Tchad et c'est un coup de pouce de taille pour faire ce travail, car pour faire une musique sans public pour un public sans musique, il faut s'y mettre en quatre.
Alwihda :-Vous êtes l'un des artistes tchadiens de la nouvelle génération, quelle originalité vous apportez à la culture tchadienne?
Kaar Kaas :- Idem sed aliter! Je fais la même chose, mais autrement.
Je voudrais tout d'abord que les gens sachent que le rap que je fais n'est pas une condition nécessaire à l'existence d'une culture tchadienne, c'est un enrichissement de cette culture. La culture de notre pays est riche. Immense et de dimensions incommensurables. Un peuple sans culture n'a jamais existé, même si longtemps avant, on nous a poussé -par une sorte de nihilisme béat- à considérer comme arriérée et obsolète cette culture. C'était le travail du colonisateur et je pense qu'il a presque réussi ce
coup là. A nous de faire revivre ce qu'il nous en reste. Le programme du colon était d'apporter la civilisation aux peuples d'Afrique, considérés comme sauvages. Par un lavage de cerveau, le colon est parvenu à faire ce travail. Ce qui fait que tout ce qui est primitif -je voudrais dire originel et naturel- est appelé à disparaître. Mais c'est aussi une logique du capitalisme que d'uniformiser les hommes pour n'en faire que des consommateurs de produits marchands. Il fallait que tout le monde vive les mêmes choses. Je trouve que c'est bon en apparence, mais que serait une société où les gens seront devenus identiques de par le monde? On est comme forcés de vivre avec cet oxymore et je
pense qu'un effort de critique est nécessaire parfois. Mon apport dans la culture est de susciter aussi un certain type de débats; transcender certains clivages pour poser une réflexion non seulement critique, mais constructive. Je suis donc passé de l'écrit -dans une société de l'oralité- à la chanson, histoire de mettre tout le monde au courant de la démarche. L'objectif premier du rap n'est pas de changer le monde, mais de démontrer les raisons fondamentales d'un changement. Du genre claironner qu'on veut éradiquer la pauvreté en s'attaquant à faire disparaître les effets et en laissant intactes les causes. Si vous vous rendez en Afrique, vous allez voir des familles entières plongées dans la désolation, la misère, alors que des institutions financières internationales sont passées par là et vous disent qu'elles sont allées pour tuer la pauvrété. Elles mettent l'accent sur le libre échange en sachant que nos pays n'ont rien à vendre au
nord et la seule matière dont dispose nos pays pour ce faire -le pétrole- n'entre pas dans la législation de ce commerce inégal. En martelant de nouvelles idées tout aussi vagues qu'imprécises du style développement durable, etc. C'est un questionnement récurrent.
Alwihda :-Etes-vous un rapeur engagé?
Kaar Kaas :- La question d'un rappeur engagé est pléonastique. Faire du rap, c'est faire un coup de gueule. Mais dans un contexte de vacuité politique comme au Tchad, le terme engagement peut être assimilé à d'autres choses. Dire que certaines choses méritent attention, ce n'est pas vouloir de mal à qui que ce soit. Ce n'est pas non plus empêcher aux gens d'exercer le pouvoir. Michel Foucalt disait que le pouvoir c'est une action sur des
actions possibles des acteurs en interaction. Donc des gens libres d'agir. On oeuvre pour ça. Pour que la liberté ne se retrouve pas un jour au musée de l'antiquité. La constitution nous reconnaît le droit à la liberté de création et d'expression. Si nous ne l'utilisons pas, nous faisons une auto-forclusion et c'est grave. Quelqu'un a dit que c'est l'une de rares choses qui s'use quand on ne l'utilise pas.
Alwihda :-Pensez-vous concilier le rap moderne avec le rythme de danse traditionnelle de chez-nous?
Kaar Kaas :- Je ne suis pas puriste. Mes textes se font sur une musique qui n'est pas typée et ne reste pas figée. Il m'est arrivé de faire du rap sur une musique de chez nous. Je voudrais bien que ce que je fais préserve le futur d'un passé culturel riche. J'ai essayé de faire ce travail, mais cela n'a pas été facile au pays. Je pense au rap de MC BOSS sur le disque de Mujos et je trouve cela très très fort!
Alwihda :-Sur les diverses danses tchadiennes que le ballet
national nous présente, nous voyons que certaines se rassemblent avec le rap ; qu'en pensez-vous?
Kaar Kaas :- C'est vrai. Le ballet national fait de très bonnes choses. Et ça nous plonge effectivement dans le passé. Un passé dont l'omniprésence est préservée par la création du ballet. Et là dedans, on trouve une similitude effrayante. Cela doit être dû, selon moi, au fait que le rap provient des musiques anciennes que les esclaves noirs de l'époque avaient trimbalées dans leurs bagages aux Etats Unis. Si l'on voit bien, on
s'aperçoit que l'histoire est itérative. Ce qui est parti a tendance à revenir.
Alwihda :-Quels sont vos liens avec les autres groupes tchadiens tel que Tibesti? Et quel sont vos partenaires rappeurs étrangers?
Kaar Kaas :- J'ai eu des rapports avec pas mal de groupes au Tchad. Je me suis mis dans la musique avec un défi aussi. J'avais constaté que les musiciens étaient comme à couteaux tirés au bled et mon entrée dans cette arène avait pour but de rapprocher les gens. On ne peut pas
reprocher aux uns de créer la division en en créant soi même. J'ai travaillé avec la bande à Jo Yamarké, avec Tibesti -dont je fus membre fondateur. J'ai dû partir du groupe parce que j'étais admis à l'ENAM. En général, ce sont les gars du H'SAO qui m'ont
accompagné pendant mes concerts. C'est aussi Caleb, le chef de H'SAO qui a fait les guitares sur mon dernier disque réalisé à Sarh. Lors de mes concerts, je fais circuler le mic et les rappeurs y viennent poser leur flow.
Alwihda :-Avez-vous effectué des tournées "Concert" à l'intérieur ou à l'extérieur du Tchad? Quels sont les moments les plus marquants de vos réalisations?
Kaar Kaas :- J'ai fait quelques concerts à N'Djamena, un à Moundou, deux à Garoua et en France. Mon rêve reste de parcourir le bled pour faire mon rap. Nous sommes en train de monter un projet de tournée dans quelques pays, dont le Tchad. C'est avec le groupe LE POINT G,
basé au sud de la France. C'est un groupe de gars qui connaissent leur chose et j'ai eu la chance de tomber là-dedans. Ils ont réalisé pas mal de disques très forts. Ils mettent de la musique sur mes textes et c'est super! Je crois qu'avec eux, on pourra faire des choses merveilleuses. Déjà en été, nous allons faire un festival. Ca démarre bien, je vous assure! Les moments forts dans la musiques sont nombreux. A commencer par l'écriture même des textes. Ensuite, le moment de la mise en musique. Faire dialoguer les mots et les sons ensemble, c'est magique!!! Enfin, il y a la scène. Où l'on entre dans une sorte de communion avec le public..., comme dirait le Grand frère Alpha Blondy (pour qui j'ai du respect. C'est un GRAND!!!).
Alwihda :-Votre prochain Album sortira quand?
Kaar Kaas :- Je ne peux pas vous le dire. Nous sommes en train de faire le travail. Vous serez informés de tout ça.
Alwihda :-Votre dernier mot aux tchadiens qui ne vous connaissent pas bien ?
Kaar Kaas :- Le Tchad a besoin des bras de ses fils. De leur cerveau. De leur cœur. De leur âme. Si chacun apporte son eau au moulin, nous pourrons réussir à faire oublier ces querelles inutiles que nous font supporter tous ces politiciens véreux qui ne pensent qu'à leur
panse. Ils en sont arrivés à faire de la diversité une adversité. Au rythme où vont les choses ils risquent de nous nous léguer un monument de leurs folies. Mais, nous, qui, sommes des héritiers présomptifs de cet héritage, pouvons aussi utiliser notre droit à l'exhérédation et refuser en bloc ce leg maculé de sang.
Une génération nous a précédés et a dû mal agir. A nous de prouver que nous ne sommes pas dignes d'accueillir un tel héritage -Je parle aux jeunes gens de mon pays. Mais que nous sommes capables de susciter au Tchad un paradis. Désambiguïsez, de grâce, mes propos. Peace!
Kaar Kaas Sonn
Réalisé par A. A. AL-Roufaye

**Alwihda:- Tchad/L'Origine Sara (Par Dr. Mahamat Saleh Yacoub)
Le Tchad est peuplé de groupes très divers dont la mise en place est plus ou moins connue. La division géographique ne suffit pas à rendre compte de la complexité ethnique. Le cas des Sara illustre bien cet état des choses.
En effet, sous le terme générique de Sara, l'on désigne un ensemble de populations qui habitent le sud du Tchad et dont les coutumes et les langues se rattachent à une source commune. Le mot Sara est un cas de déclinaison du mot Sor, et la colonisation lui a donné une signification plus large....www.maxpages.com/tchad/culture4

**************************************************
PRESENTATION: DR. ABDEL-AZIZ REPRESENTANT DU CNR EN EUROPE
TRADUCTION EN FRANCAIS: AHMAT YACOUB SECRETAIRE GENERAL DU FNTR
CHAPITRE 8 (suite)

********HAMBATA CHEZ LES ZAGHAWA (SOUDAN/TCHAD)******* suite
Dans le passé, la région de zaghawa (communément appelée Dar Zaghawa) était victime de ce type de banditisme et s'est trouvée entre l'enclume et le marteau:
D'un côté, elle le subit directement par des groupuscules armés qui ratissent le pays, attaquent les citoyens et arrachent leurs biens sans la moindre intervention des autorités.
De l'autre côté, toute la région est accusée de crime, de vol à main armée sans tenir compte de la loi qui dit: <>>. Ainsi, les innocents habitants sont soumis à la répression des forces de l'ordre. Pour sa part, le média local donne une ampleur exagérée de ce banditisme dans la région de Darfour à tel point qu'il a semé la confusion. Dans ce cas précis, il était difficile de faire la différence entre l'agent de l'ordre qui veut appliquer la loi et le hors-la loi qui menace par son arme les tribus de la région sans exception aucune dans le seul but d'usurper par la violence le bien d'autrui.

Le vol à main armée est un acte que la loi universelle et les sociétés condamnent, et évidemment la tribu de zaghawa et ses composantes le rejetant. Pourtant, tout le monde est d'accord sur le danger que cet acte représente et que par conséquent, il est important de l'éradiquer en traitant ses causes.

Le vol à main armée n'est pas du tout nouveau, il était répandu sous plusieurs formes depuis longtemps dans toute l'étendue du Soudan. Il a pris la forme des coupeurs de routes et de contrebande sous la menace d'armes; de cambriolage ou encore de vol des chameaux "Hambata". Mais il n'a jamais dépassé la limite des faits individuels. Là, nous abordons le sujet quand il est devenu un phénomène grave vers la fin de règne du régime du Président Nimeri* (le régime de Mai).

LES CAUSES DU VOL A MAIN ARMEE:

Il est clair que le vol à main armée en tant que phénomène grave, il constitue un problème dangereux et il a sans doute ses causes car Il n y a pas de braise sans feu. Dans ce passage, nous cernons les causes qui ont contribué d'une manière ou d'une autre à sa naissance et sa propagation:
1) La faiblesse et la corruption des organes de sécurité.
2) L'injustice social et politique.
3) La transformation environnementale produisant famine et désertification.
4) Le règlement des comptes résultant d'anciens conflits entre les tribus et ses conséquences sur les victimes émigrées dans d'autres régions du Soudan en quête de protection, de nourriture et d'eau. Mal accueillis (les émigrés) par les habitants de certaines régions, ce qui produirait des heurts et des conflits.
5) Les conséquences du conflit tchadien: Le conflit tchadien a crée une sorte de violence et un flux de réfugiés dans la préfecture frontalière de Darfour (Est du Tchad) qui a facilité la circulation des armes.
6) Les conséquences négatives de la politique du pouvoir provincial a accéléré les conflits ethniques, la zizanie et l'application du principe "diviser pour mieux régner" ; le favoritisme tribal qui est devenu un phénomène populaire sous le régime de Nimeri.
7) Confondre la proie , l'accusé et le paisible citoyen.
8) La difficulté de contrôler les entrées au Soudan des citoyens huit pays frontaliers en raison de l'interférence des frontières et la faiblesse de contrôle faute de moyen, un alibi qu'utilisent tous les régimes successifs au Soudan.
9) La vacance des autorités populaires (traditionnelles). Cette vacance de pouvoir crée un vide entre l'autorité des tribunaux bénéficiant de peu de pouvoir et les hors-la loi.
10) L'existence des milices populaires armées dans certaines régions au Soudan au vu et au su du gouvernement?!
11) L'existence de parties qui encouragent la Zizanie et le conflit entre le peuple. Ces parties pêchent dans l'eau trouble uniquement pour arriver à des intérêts personnels égoïstes.

L'IDENDITE DES RESPONSABLES DE VOL A MAIN ARMEE

Il n'est pas du tout évident d'identifier avec exactitude les responsables de cette forme de "terrorisme", leur appartenance tribale et les régions qu'ils habitent avec précision et ceci pour les raisons suivantes:
1) La dissimilitude des tribus des accusés et des condamnés.
2) L'existence de différents types de vol. Certains volent le bétail et d'autres sont des coupeurs de route qui interceptent les voyageurs en camion. Il y a aussi ceux qui pillent carrément de villages alors qu'il existe de groupuscules qui pillent les marchés! S'agissant de Darfour, il se trouve que les prévenus accusés de vol à main armée appartiennent en grande partie à la majorité de grandes tribus de la région. En d'autres termes, il est infondé de faire croire que telle tribu est coupable du vol à main armée. Cette mise au point doit être prise en considération pour éviter de porter atteinte à la dignité de certaines tribus; de les rendre directement ciblées et de les mettre dans une situation d'accusées. Ce qui attise des zizanies ethniques à un moment où le Soudan cherche à concrétiser l'unité nationale et à contenir les divisions.
Enfin, pour mettre un terme à cette pratique ancestrale qui perdure encore aujourd'hui, il convient de s'attaquer à ses causes en renforçant la justice, en instaurant l'égalité, en assurant aussi la sécurité tant au niveau nationale que régionale. Il faut faire sentir au citoyen qu'il existe un gouvernement qui le représente et qui cherche à répondre à ses préoccupations quotidiennes; ce gouvernement garantit ses droits mentionnés dans une constitution élaborée sous un pouvoir démocratique.

CHAPITRE 9

LA DANSE ET LA CHANSON CHEZ LES ZAGHAWA

introduction:

Le patrimoine culturel populaire de la tribu de zaghawa est caractérisé par un pactole de différentes danses et chansons. La danse dénommée "Houna" est souvent utilisée à l'occasion du mariage, de circoncision, des fêtes, de la récolte et quelquefois elle est exploitée par les jeunes pour se défouler surtout pendant................
La danse Houna est accompagnée de chant suscitant ainsi la joie et par ses rythmes musicaux sihr , elle rend le danseur de même que les spectateurs très joyeux. Dans cette danse, il n'existe pas des règles dans les mouvements.
Une partie de danses chez tous les Zaghawa se fait en sautant alors que d'autres se passent par des bonds en frappant les pieds à terre. D'autres danses en utilisant en même temps le saut et la marche lente assortie de va et vient (mouvements de marches en avant et en arrière)s'accompagnant de course lente dans quelque...On remarque que des applaudissements collectifs produisant des sons halaguia produits par de différentes tabakhat sawtya est connu sous le nom de Tambour produisent des sons collectifs profonds ayant un rasm organisée dénommé "Karir" qui s'accompagne toujours d'applaudissement. On remarque d'autres danses qui regroupent plusieurs de propriétés sus mentionnées.

Parmi les instruments de musique qui sont nombreux, il y a "Alnouguara" très connu et repandu chez tous les zaghawa, "Alnahas" qui représente le symbole du pouvoir chez la tribu régnante.
Le "Doungour"...est un instrument de musique rarement utilisé dans la paix. Cet instrument est un moyen de communication, une alarme en quelque sorte annoncant de situation grave comme la guerre. Le sifflet "Mori" qui est fabriqué sous différentes formes joue le rôle de Nay. Ce siflet produit de mélodies..... et est souvent utilisé par les bergers pour se désennuyer face à la fatigue et à la sollitude et aussi pour egayer leur bétail.

Kourbi
C'est un instrument à cinq cordes connu chez les zaghawa...Il ressemble à ribaba. Il est joué à la main sans plume ni tout autre grattoire...

Kourbi
C'est un instrument à utilisation récitante (individuelle)...repandu dans l'art soudanais..
*Ces chansons sont en quelque sorte un résumé des contes et récits inspirés du patrimoine culturel ou encore des signes concis(précis) réflètant l'héritage populaire. Ses mélodies se distinguent par sa variation et sa créativité artistique. Mais ses phrases musicales se caractérisent par la simplicité et la répétition attirante. Cependant, la qualité de la musique azf et de la chanson dépend de l'orchestre Moutrib , de Toul nafassihi et sa capacité à pouvoir varier Alnakhamat et son adaptation Tatwi-iha selon Tabakhatihi Alsawtya. Aussi, ces chansons soudanaises (...)


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