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7 MARS - PHILIP WORKMAN: REBONDISSEMENT AVEC UNE NOUVELLE PREUVE A DECHARGE
Par Laura Frank, The Tennessean
Les avocats de Philip Workman ont déclaré que les autorités du comté de Shelby leur avaient -ainsi qu'à la Cour- délibérement caché une preuve essentielle à décharge qui démontre clairement que Workman n'a pas commis le meurtre pour lequel il doit être exécuté le 6 avril.
Hier, lundi 6 mars, les avocats ont demandé à une cour d'appel fédérale de réouvrir le dossier Workman sur la base d'une nouvelle preuve, qui était encore inconnue la semaine dernière. Cette preuve est une radiographie prise pendant l'autopsie du Lieutenant Oliver qui a été tué en 1981 alors qu'il essayait d'arrêter Philip Workman après un hold-up.
La radiographie est très parlante car elle montre que la balle qui a tué Ronald Oliver est passée au travers de son corps sans se fragmenter, ainsi que l'ont signifié les avocats dans leur requête.
Des experts ont témoigné au nom de Philip Workman que les balles de calibre 45, silvertip hollow-point que Workman a tiré cette nuit-là auraient élargi les blessures internes lors de leur passage. Les avocats ont alors précisé que la plaie de sortie de la balle étant plus petite que la plaie d'entrée, il était impossible que l'arme de Workman soit responsable de la mort du Lieutenant Oliver.
Lorsqu'ils ont refusé un appel de Philip Workman en 1998, les membres de la Cour d'Appel du 6ème Circuit se sont contenté de la théorie d'une balle qui se serait fragmentée en divers morceaux dans le corps de Ronald Oliver -ce qui expliquait la petite plaie de sortie.
Le médecin chef du comté de Shelby avait répété dernièrement qu'il était certain que la blessure mortelle avait pu être provoquée par l'arme de Philip Workman.
Les avocats de la défense optent, eux, pour un coup de feu accidentel causé par l'un des policiers présents sur le lieu du drame.
La requête du lundi 6 mars est la deuxième où les avocats de la défense font état de fautes graves de procédure dans l'instruction de leur client.
En novembre, ils ont réalisé un enregistrement vidéo de Harold Davis, le seul témoin oculaire qui avait clamé avoir vu Workman tirer sur Oliver. Lors de cet enregistrement, Harold Davis avoue avoir fait un faux témoignage et se rétracte sur tous les points. Il dit n'avoir rien vu des échanges de balles mais avoir été menacé par la police et certains procureurs de Memphis qui lui auraient dit exactement quoi avouer.
Les avocats de la défense et les procureurs doivent rencontrer ensemble les membres de la Chambre des Grâces jeudi. La Chambre doit alors décider si elle recommande ou non la clémence pour Workman au Gouverneur Don Sundquist.
Les avocats espèrent de leur côté que la Cour d'Appel du 6ème Circuit va décider avant s'il est possible de faire réouvrir le dossier Workman. Ils demandent même à la Cour de relâcher Workman ou bien d'ordonner une nouvelle audition dans le cadre de l'affaire judiciaire et non plus seulement devant la Chambre des Grâces.
Ils accusent formellement le médecin chef du comté de Shelby d'avoir caché intentionnellement cette preuve qui pouvait les aider à défendre leur client.
"Cette radiographie était absente des pièces à conviction pour une raison: le bureau du médecin chef l'en avait supprimée.", ont déclaré les avocats dans leur requête demandant la réouverture du dossier.
Le médecin accusé, le docteur O.C Smith, n'a pas voulu faire de commentaire au sujet de cette requête.
John Campbell, assistant du Procureur Général du comté de Shelby, a précisé que ni lui ni ses assistants n'étaient responsables de cette radiographie, et que toute question s'y rapportant devait être adressée au Docteur Smith. Campbell a tenu à préciser qu'à sa connaissance, les procureurs n'étaient pas au courant de l'existence de cette radiographie jusqu'à très récemment.
Ni Cris Minton ni Jeffeson Dorsey, avocats de la défense, n'ont tenu à faire le moindre commentaire.
Un porte-parole de Procureur Général de l'Etat a également évité les commentaires, se contentant de dire qu'une réponse sera donnée par ls autorités à la requête des avocats de la défense dans moins de dix jours.
En 1995, les avocats de Philip Workman avaient reçu la permission de la Cour de demander officiellement des informations essentielles au médecin chef du comté de Shelby. Parmi les différentes demandes, la défense exprimait précisément son désir de connaître la possible existence d'une radiographie. Le médecin a renvoyé divers rapports et relevés médicaux, mais pas la moindre radiographie.
"Si cette radio était dans le dossier médical, il me semble que l'on peut tirer de cette "omission" un argument de poids pour faire comprendre que c'était le devoir du Procureur de se soumettre à la moindre requête, si ce Procureur travaillait avec le médecin chef pour préparer le dossier.", a déclaré Nancy King, professeur de Droit à Vanderbilt.
Campbell s'est insurgé contre cette déclaration, disant que son bureau n'avait aucun contrôle sur le bureau du médecin et qu'à partir de cela, il n'avait, lui, aucune responsabilité officielle pour demander une radiographie.
La requête de 1995 n'était pas la première où les avocats de Workman montaient à l'assaut, exigeant toutes les preuves conséquentes concernant le dossier.
*Approximativement 20 ans auparavant, avant le premier procès de Philip Workman, ses avocats avaient demandé tout relevé médical dont l'Etat du Tennessee serait au courant -ou devrait être au courant- et qui pourrait constituer un matériel important pour la défense. Cette demande précisait que si les procureurs ne pouvaient décider si ces preuves médicales pouvaient servir la cause de Workman, ils se devaient de les introduire devant la Cour pour que celle-ci en décide.
*En 1990, les avocats de Philip Workman avaient fait une requête en se basant sur la loi qui consiste à pouvoir consulter les documents d'Etat afin d'être en possession de tout document, et ce quelqu'il soit -cela incluait des photographies ou des documents filmés- qui étaient en rapport avec l'affaire.
Le médecin chef comme les procureurs n'ont jamais, lors de toutes ces demandes, renvoyeé la radiographie. Il n'existe même aucune preuve qu'ils aient mis les aocats de la défense au courant de l'existence de cette radio.
De toute façon, la question a réellement surgi lorsque Workman a fait appel devant le 6ème Circuit. Un des juges a alors clairement demandé si une radiographie du corps du Lieutenant Oliver avait été faite, puiseque les preuves rassemblées ne la mentionnaient pas. La Cour a répondu:
"Si une balle de calibre 45 hollow point avait pénétré en entier le corps du Lieutenant Oliver à travers sa poitrine pour ressortir telle quelle, nous n'avons aucun doute que la plaie de sortie aurait été plus large que la plaie d'entrée. Il s'ensuit pratiquement, de toute façon, que le Lieutenant Oliver n'aît pas été touché avec ce type de balles que Workman tirait car les rapports ne parviennent absolument pas à la conclusion que la balle qui a tué Ronald Oliver soit sortie telle quelle de son corps."
Campbell a déclaré que même si la Cour avait été au courant d'une radio démontrant que la balle était ressortie du corps du Lieutenant en une seule pièce, cela n'aurait probablement servi à rien.
"Je ne vois pas là un point critique", s'est-il contenté de déclarer.
C'est par pur hasard que l'existence de cette radiographie a été découverte la semaine dernière lorsque les procureurs de Memphis et le médecin chef ont donné à la Chambre des Grâces un rapport accablant pour Philip Workman. Dans ce rapport, le médecin faisait allusion au fait qu'il avait "réexaminé la radiographie de la poitrine de Ronald Oliver." Jefferson Dorsey, l'un des avocats de Philip Workman est alors parti pour Memphis afin d'obtenir une copie de cette radio.
"Supprimer la preuve essentielle qui démontre l'innocence d'un homme que l'on ne peut plus accuser de meurtre tout en préparant un rapport que l'on utiliserait contre lui s'appelle tout bonnement une faute énorme", ont signifié les avocats dans leur requête de lundi 6 mars.
Copyright: The Tennessean.
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