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L'AFFAIRE
Erreurs, Doutes, Preuves dissimulées.. Un complot policier?


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Le 5 Août 1981, à Memphis, Philip Workman est entré dans un
fast-food -un "Wendy’s" comme on les appelle- avec, en mains, un revolver semi-automatique, calibre 45. Il était évident qu’il avait l’intention de faire la caisse du restaurant afin de se procurer l’argent nécessaire à son accoutumance à la cocaïne.
Que s’est-il réellement passé? Philip Workman ne s’en souvient pas bien, trop drogué cette nuit-là pour avoir la mémoire claire des annnées après.
Mais le policier qui a essayeé de l’arrêter après le hold-up, le lieutenant Ronald Oliver, a été tué et son corps gîsait sur le sol, à quelques mètres du fast-food.

le Lieutenant Ronald Oliver

Workman n’a jamais nié le hold-up, mais il a toujours dit qu’il était près à se rendre lorsqu’il a à moitié perdu connaissance, après avoir été heurté à la tête par une balle. En tombant, il a tiré, mais le coup de feu est parti dans l’air, précise Workman. Philip Workman a lui-même été blessé et les rapports de l’hôpital où il a été soigné indiquent bien qu’il a été traité pour "des éclats de balles jusqu’au bas du dos".

La balle qui a tué Ronal Oliver -une balle de calibre 45, silver tip hollow point- venait de l’arme de Workman, si l’on en croit le FBI.

Mais les avocats de Workman ont obtenu une déclaration sous serment en 1995 de la part du
médecin chef du bureau des expertises de l’Etat de Géorgie, le Dr Kris Sperry, dans lequel celui-ci précise que ce type de balle (celles avec lesquelles Workman avait chargé son arme) élargit la blessure faite à l’intérieur du corps et laisse donc une plaie de sortie bien plus large que la plaie d’entrée. Le médecin légiste a, pour sa part, déclaré que la balle qui avait tué le lieutenant Oliver était passée entièrement à travers son corps et avait laissé une plaie de sortie bien plus petite que la plaie d’entrée. Cette balle n’a jamais été retrouvée.

Puis un témoin, Harold Davis, natif de Memphis, est soudain apparu.
Il était tout seul, cette nuit-là, dans les parages du fast-food! Et donc, lors du procès, l’accusation l’a présenté comme l’unique témoin, et ce témoin a scellé le destin de Philip Workman.

Harold Davis a témoigné s’être trouvé garé dans sa voiture près du fast-food et avoir assisté à l’altercation. Suite à quoi, il se serait couché sur le sol mais aurait pu contempler les événements à loisir, dont le meurtre de Ronald Oliver. Et le meurtrier était...Philip Workman.
Dites donc! Harold Davis "a pratiquement vu toute l’affaire" devait dire le Procureur aux jurés.

Attendez. Il y a un petit problème. La voiture de Davis est introuvable sur les photographies prises sur les lieux du crime et n’apparaît pas non plus sur les diagrammes de la police. Plus encore: personne n’a vu Harold Davis, pas même le policier à qui l’on avait dit de surveiller tout individu de couleur car un Noir venait de commettre un cambriolage dans les parages (et Harold Davis est Noir). "Non, je ne l’ai pas vu", a admis l’officier Stoddard. Et si l’on en croit un témoin anonyme mais très
impliqué dans l’enquête et qui s’est confié à la chaîne NewsChannel5: "Pour tout vous dire, je ne croirai jamais qu’Harold Davis était là".

Récemment, les avocats de Workman ont tenu à préciser que leur client ne pourrait être exécuté s’il n’avait pas tiré le coup de feu mortel, mais le Procureur Général Paul Summers a déclaré, lui, dans une interview (Septembre 1999) que Workman serait toujours coupable de "felony murder" et donc toujours passible de la peine de mort car il avait commis un cambriolage qui avait eu pour issue tragique la mort du lieutenant Oliver.C'est tout bonnement impossible au regard de la loi, puisque le "felony murder" implique que si l'homme arrete n'a pas tire le coup fatal, c'est son complice. Vu que nous sommes tres certainement en presence d'un coup de feu tire par accident par un autre Officier de police, ce dernier ne peut etre considere comme le complice de Philip Workman- car il avait commis un cambriolage qui avait eu pour issue tragique la mort du lieutenant Oliver. C’EST TOUT SIMPLEMENT INCROYABLE. ON BAFOUE LA JUSTICE!


allez à: le Procès






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Page Updated Tue Mar 6, 2001 3:44am EST