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Plume Latraverse
Chansons de "Jonquière" à "le moins beau merle"


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Voici la troisieme partie des textes de chansons de Plume.

J-L (le moins beau merle)

Jonquière

Saoul comme une botte
assis Bock pas loin d'la porte
J'r'garde danser les Black Label
Sur un vieille toune d'Eddy Mitchell
Curieux... j'y pensais justement même pas

Mou comme une crotte
Chaud comme un "spot" dans mes culottes
Qui éclaire le "stage" où j'm'en vas jouer
J'ai un demi-heure pour dégriser
Curieux... j'y pensais justement même pu

De charmant étudiant pleins d'pep (hep! hep!)
m'ont invité à leur CEGEP
pour aller jouer d'la belle musique (zizique)
pas pour aller faire mon grand alcoolique (hic! hic!)

Fou comme une plotte
Une plotte qui s'frotte s'in cadre de porte
Qui flotte à dret, qui "flush" à gauche
J'me pitche su'l'"stage" avec mon "roach"
Curieux, j'y pensais pu pantoute

doux doux doux doux doux
doux doux doux doux doux doux doux

C'est une belle "crowd" icitte, à soir
Chus ben content d'être v'nu vous voir
J'vous r'mercie ben pour la grosse bière
J'ai eu ben du fun à Jonquière

L'histoire de l'Histoire

C'est une histoire qui m'fut contée
De la bouche même d'une vieille tempête
Dont les propos d'éternité
Ont trouvé écho dans ma tête

L'Histoire, elle-même, possède deux yeux
Un oeil fou et un autre sage
Qu'elle promène à travers les cieux
Et les nuages de tous les âges
L'Histoire est une vieille bohémienne
Rêveuse et puis mordante aussi
Elle a tant vu la race humaine
Recommencer les mêmes folies

Les conflits, les chasses aux sorcières
Quand ça sent trop le renfermé
V'cà les générations en guerre!
Un peu d'sang neuf pis l'tour est joué
Que de troupes qui marchent au pas
De passions qui passent comme des modes
Avec leurs croix érigées là
Où l'Histoire fixe les antipodes

L'Histoire s'en va comme un voyou
Dans une jungle de cas d'conscience
Avec son oeil sage, son oeil fou
Et la voix muette du silence
L'Histoire n'a pas la poudre aux yeux
Elle a les yeux ni chauds, ni froids
Elle s'introspecte en plein milieu
C'pas son premier gâteau des rois

Elle trouve la binne, en un rien d'temps
Dépouillée, simple et vulnérable
Au même endroit exactement
Que la morale à'fin d'une fable

L'Homme épaissit en vieilissant
Le Cul assis à la même place
Puis, il se fait voler son banc
Pour avoir perpétué la race

... quelle chaise musicale!
«Qui va à'chasse perd sa place»

La 20

C'était un matin su'l bord d'la 20
J'pouçais pour descendre à Gaspé
Y faisait beau, ça allait ben
J'pensais à rien, j'pensais à toé
Les chars passaient à toute vitesse
Moé, j'chantais en m'grattant les fesses

Une Volkswagen v'nait d'arrêter
J'ai été pogné pour embarquer
La fille ailait jusqu'à Mont-Louis
J'y ai dit: «C'est cool, j'y va moé 'si!»
Fa'qu'on est partis tous les deux
L'asphalte s'en crissait sous les pneus

A'était ben fine, a'était ben smart
Mais y a ben fallu que j'débarque
On est partis chacun d'not bord
MOé dret à pied, elle dans son char
J'me suis r'trouvé tout seul su'l ch'min
À marmonner mon p'tit refrain...

La ballade des caisses de 24

Errer de taverne en taverne
À la recherche d'une boué
Les yeux noyés dans l'fond des cernes
Comme des yeux d'zombie marinés

Dériver d'bières vides en bières pleines
Dans le matin ensoleillé
Se sentir gongler la bédaine
Comme un mongolfière essouflée
Pogné aux portes de l'Eden
A'ec une maudite envie d'pisser sa peine

Errer de taverne en taverne
Comme un chien perdu sans collier
De quarantaines en balivernes
Avec les épaves, ballotté

Coulé dans la brume qui te cerne
Comme un vieux pirate attaché
À la patte d'un chaise de taverne
Avec la jambe de bois encrée
Dans la vase des amours passées
Je meurs de soif auprès de la fontaine

Errer de taverne en taverne
Incognito, le coeur léger
Laisser flotter les idées ternes
Quel beau feeling de liberté!

Crisser la job là! - Crisser la bonne femme dehors ciboère!
Tout nu dans'rue - Vendu tout mon ménage pour boire...
Là, j'sors le soir
L'amour me hante
La nuit m'enchante
Chus libre comme l'hère
J'prends une p'tite bière
J'sors su'l trottoir...

Les oiseaux chantent

Errer de taverne en taverne avec les joyeux naufragés
Errer de taverne en taverne pour s'donner l'impression d'bouger...

La bienséance

T'aurais ri, si t'aurais vu ta Rita roter ton ragoût
T'aurais compris que, malgré tout, la politesse ça en bouche un trou
T'aurais mal pris d'voir l'oncle René s'décrotté l'nez pendant l'souper
T'aurais r'tourné, l'ventre r'viré, d'voir ta famille si bien élevée

Mangeons du bon ragout!
C'est un mêts bien d'chez-nous

C'est en lichant ton couteau
Qu'tu t'es coupé la lèvre d'en haut
C'est en ramassant ta fourchette
Que t'as vomi dans ton assiette
C'est en passant la poivrière
Qu't'as éternué dans'face d'Albert
Pis c'est en parlant, la bouche pleine
Que t'as craché dans l'plat d'la chienne

Toutes les ment'ries qu'j'ai appris
À réciter, quand j'étais p'tit
Pis les leçons de bienséance
Qui sont v'nues "fucker" mon enfance
Me sont très utiles, aujourd'hui
Pour faire caca pis faire pipi
On m'a fait manger du papier
Pour que j'puisse chier tout enveloppé

Buvons du caribou
Et vive les Malotrous!!!

La complainte du pensionnaire

Maman chus ben tanné, maman viens me chercher
J'veux m'en r'tourné chez nous, sinon j'vas dev'nir fou
Tout l'monde est su'mon dos, y m'appellent le "navôt"
Je pleure tous les soirs, dans mon lit au dortoir
Viens vite à ma rescousse, sinon j'me sauve su'l'pouce...

C'est pas mangeable icitte, la soupe est pleine d'bibittes
Les "toasts" carbonisée, les "binnes" délissées
Y a rien que le dessert qui fait un peu l'affaire
Seul'menton n'a pas l'droit d'aller en cherche 2 fois
Maman, viens m'chercher, j'pense que j't'en train de d'crever...

- Icitte les gars parlent mal, y sacrent et pis y parlent joual
Pis ya des grands fifis qui veulent voir mon zizi
Dans l'lit y en a qui "swing", tu d'vrais entendre les springs
Pis y a toujours un Frère qui a les mains ousqu'y a pas d'affaire
Maman viens me chercher. J't'après m'faire gruger...

- Les examens d'semess', c'est un vraie parite d'fesses
Faut voir le correcteur, lui faire des p'tites faveurs
S'tu veux passer sans peine, dis qu'tu veux faire un moine
Y font te faire monter, même si t'a rine fait d'l'année
Maman, viens m'chercher, j'sens qu'je vais m'faire couler...

- Quand on joue au football, quelle partie de sqeeze ball!
Les gars s'pitchent tout su'toé comme si y voulait t'violer
Pis quand on va au douches, c'est l'frère Conrad qui louche
Y veut toujours "checker" si on est ben lavés
Maman, viens m'chercher, ma josephté pis moé...

- Et pis quandtu viens m'voir le dimanche au parloir
Qu'tu m'apportes des bonbons qu'tu m'donnes des becs dans l'fonts
Ben là c'est frère Grégoire, le gardien dortoir
Qui s'amuse à m'fouiller, voir si j'ai rien su moé
Maman, y a rien à faire - j'veux pu êt' pensionnaire!

La fête du mort

À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste
J'connaissais l'mort, j's'avais qu'c'tait un vieux christ!
À'fête du mort, tout l'monde braillait
Autour du corp, les fleurs sentaient... forts
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

Y avait du monde comme dans une vraie première
(... plutôt une vrai dernière)
Y avait ses blondes qui se t'naient vers l'arrière
Tout en avant, y avait sa femme
Pis son amant, quel mélodrame!
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

J'me dis, face à ce désespoir
Qu'c'est à force de broyer du noir
Qu'on en vient à dev'nir raciste
Ceux-là défilaient en parade
On n'aurait dit une mascarade
Pour faire blower les journalistes

À'fête du mort, il y avait des notables
("... et nous lui décernons pour son oeuvre...")
J'entends encore l'vieux les traiter d'cartables
Lui qui s'crissait du protocole
Lui qui en avait contre les faux cols
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

L'curé Prud'homme vint saluer son âme
C'tait son vieux chum a'ec qui y jouait aux dames
Y savait qu'le vieux tout comme lui
L'emport'rait pas au Paradis
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

Lui qui rêvait comme un vieux sage
D'être enterré dans son garage
Où y avait eu de beaux moments
Sans galipettes et sans éclats
Sans trompettes et pis sans fla-fla
On lui refusa ces instants

À'fête du mort, y avait ben des vedettes
Des têteux d'bar, des poudrés, des tapettes
À'fête du mort, pas d'robineux!
Jusse des gens bien qu'haïssait l'vieux
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

À'fête du mort, y avait l'mort qui était d'trop
Ça parlait fort d'argent, de chars pis d'shows
Si l'mort avait pu s'rêveiller
Y leur aurait r'tombé su'l nez
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

Un cadavre est plus important
Qu'un homme en vie,c'est évident
On peut pas en faire ce qu'on veut

Je l'aurais ben pris par le bras
Pour l'emmener boire à'Scala
Il se s'rait sans doute senti mieux

À'fête du mort, y avait un buffet froid
Champagne, caviar, crêmage su'l bout des doigts
Lui qui était mangeur de pizza
Buveur de bière de championnat
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

3 heures plus tard, quand tout l'monde fût ben gris
J'me mis encore à s'mer la zizinie
Je pognai l'cul des grosses matantes
Du spanish fly dans' crème de menthe
À'fête du mort, y avait jusse moé d'pas triste

Les pénis, les fesses, les vagins
S'exitèrent en un tour de main
Ce fut un bordel merveilleux
J'emmenai la veuve à'sauvette
Tirer une pipe dans les toilettes
À la mémoire... à la mémoire?
À la SANTÉ du vieux

À'fête du mort y avait jusse moé d'pas triste...

La porte de shed

A'm dit qu'a maime
Pis a m'fait des coups bas
M'fait des couvertes, en poils de gars
M'fait un pompier pour déjeuner
Avec des toasts pis du café
J'aurais donc dû rester
A'ec mes «chums» d'la brasserie Cherrier
À boire ma bière avec Roger

Au lieu d'être, là, a me d'mander
Oue c'est qu'a fait?
Où c'est qu'a l'est?
Calé dans mes bébittes à moé
Qu'a l'était belle...

Ma mamoiselle, j'vous aime beaucoup
J'ai mes bretelles qui tiennent à vous
Moins chus gêné, plus que chus saoul
Plus chus pacté, plus chus comme vous
J'aurais donc dû... qu'a l'était laide...
Ma porte de shed chante ben mieux qu'vous
A'est ben moins raide que vos deux g'noux
Vot'Chapdelaine, autour du cou
M'donne mal à l'aine, me met tabou

J'aurais donc dû... qu'a l'est dondaine
A'm'dit qu'a m'aime

La p'tite vingnenne pis l'gros torrieu

La p'tite vingnenne pis l'gros torrieu
Vivaient ensemble,tous les deux
Le gros torrieu avait pas d'job
La p'tite vingnenne r'levait sa robe

La p'tite vingnenne r'tournait chez eux
Porter l'argent au gros torrieu
Le gros torrieu la dépensait
En couraillant les cabarets. Yeah!

Mais il gardait toujours que'qu'cennes
Pour le transport d'la p'tite vingnenne
La p'tite vingnenne d'mandait pas mieux
Que d'voir heureux, son gros torrieu
Mais a l'était pas mal tannée
D'manger des volées pour souper
Fa' qu'un soir, pour changer la rime
Elle a fait une crise à son gros "pimp"

Le gros torrieu, pas achalé
Y a câlissé une autre volée
La p'tite vingnenne en beau joual vert
A empoigné une barre de fer
Puis dans un reflex passionnel
Elle l'a baté ent' les deux snells

Le gros torrieu, plié en deux
Fonçait en s'protégeant d'son mieux
Pour agripper la p'tite vingnenne
Mais tomba en bas du deuxième
La p'tite vingnenne, au désespoir
R'garda l'cadavre sur le trottoir
Désemparée, elle prit d'la drogue
Et s'garrocha sous l'truck d'la morgue

Ce qui veut dire que:
"Faudrait pas prendre les p'tites vingnennes pour des lanternes"

Lit vert

Y fait pas chaud
Même si l'hiver est beau
J'aurais ben l'goût d'sacrer mon camp
Jusqu'au printemps

L'hiver pour moé
C'est pour se g'ler les pieds
Pis c'est bon pour pour se g'ler la tête
Dans l'temps des Fêtes

J'ai pas d'skidoo, j'ai pas garage
La "slutch" partout, moé ça m'enrage
Les grosses tempêtes qui traînent à pu finir
J'ferme toutes mes f'nêtres pis j'veux même pu sortir

Chus comme un ours, dans l'fond d'sa cage
J'cultive la mousse su'mon visage
Plus y fait frette plus j'ai envie d'partir
Plus j'me sens prêt à pas m'faire engourdir

Dans l'sud c't'un maudit beau voyage
L'hiver est moin rude sur une plage
Le grand soleil à 50cent par jour
Ça vaut la peine d'aller faire son p'tit tour

Le blues de la bêtise humaine

C'est l'blues de la bêtise humaine
Vaux mieux en rire de que pleurer
C'est l'blues de la bêtise humaine, man
Ou'on trouv'ra jamais l'temps d'changer
La révolution revolue
Tout l'monde se r'met à s'pogner l'cul

Y a rien qu'une chose qui compte s'a terre
C'est l'humour rouge, jaune, blanc, pis noir...

Y a rien qu'une chose qui compte s'a terre
C'est l'amour, l'argent pis la gloire

Faut apprendre à rire de soi-même
Même si Ça règle pas nos problèmes

C'est l'blues de la bêtise humaine
Vaut mieux en rire de que brailler
C'est l'blues de la bêtise humaine
Qu'on trouvera jamais l'temps d'changer
La papa, la maman, le bébé
La maîtresse, la bagnole, la moquette, le chien, le chat, les rêves
La cuisinière, l'indifférence, le magma sécuritaire, l'indigestion d'consommation, la MAISON
Et pis la tondeuse à gazon...

Le chemin des hommes nouveaux

Elle est délicate et fragile
La route qui mène au fond de nous
Elle se perd dans les rues des villes
Et on la recherche de partout

Comme voyageur en détresse
Qui ne connaît plus son adresse
Cherche un partage à tous ses maux
Fait un nuage de tous ses flots...

Elle est si simple et difficile
La route qui s'en va vers l'amour
Elle veut redécouvrir une île
Que l'on n'aperçoit pas toujours

Dans cet océan de vitesse
On n'entend plus les S.O.S.
Le capitaine et ses mat'lots
Sont naufrages sur le bateau...

Elle est implacable et tranquille
La route qui s'en va vers la mort
Tout l'équipage y fait la file
En attendant d'quitter le Port

Laissant la gloire et la richesse
Et n'apportant que c'qui en reste
Pour un voyage sans fardeau
Sut le chemin des animaux...

Elle est capricieuse et sensible
La route qui nous rejoint au bout
Dans ce p'tit coin trouble et paisible
Qui se cache en chacun de nous

Plus loin que bonheur et tristesse
Au rang des dieux et des déesses
Dans la communion des berceaux
Au paradis des grands oiseaux...

Elle est étrangère et intime
La route où nous marchons debout
Dans la froideur de nos abîmes
Le front tourné droit dedans nous

Hors de ce monde sans souplesse
Vers d'autres vies pleines de promesses
Débarrassés de tout égo
Sur le chemin des hommes nouveaux...

Le fermier Jean

Le femier Jean est tout découragé
Sa femme a sacré l'camp le mois passé
Deux s'maine avant, ses quinze vaches en chaleur
Ont mis l'feu à sa grange, par pure erreur

Le fermier Jean se tient su'l nerf
D'puis qui a des chenilles dans son parterre
Y en a jusque dans ses culottes
Y ont tout mangé ses beaux plants d'pots...
... ça va faire des beaux papillons, hein les enfants?

Le fermier Jean ose pu sortir dehors
À cause de guêpes et pis des frappabords
Le fermier Jean, qui aime tell'ment les enfants
A perdu son dernier d'in accident

C'était une espèce d'imbécile-né
Aux gros "tires", au cul "jacké"
Quand su' un poteau, y a arrêté
On a manqué d'électricité
"... pis évidemment, les enfants
le fermier Jean, y avait même pas d'chandelles..."

Chez l'fermmier jeau, y une épidémie
De sangsues, de lézards pis de hippies
Qui collent autour de son bassin à truites
(l'eau c'ta tout l'monde)
Pis qui en profitent comme de vrais parasites

Le fermier Jean est plein d'malheurs
Y s'est fait voler son tracteur
Yé a deux ch'veux d'la dépression
Mais ces deux gros ch'feux-là tiennent bon
"... pas 2 gros ch'veux, nono!... deux gros ch'vaux!"

Tout irait mieux, pour le fermier Jean, si
Au moins, y tomb'rait pas tout l'temps d'la pluie
L'teint gris, à toués matins, y écoute Alcide
En s'tapant sa p'tite dose de pluie acide

"... ça y donne une drôle de vision d'la vie...
Allons, fermier Jean, un p'tit sourire, voyons!
... le soleil brillera demain!!!"

Le feu d'la rampe

Ça, c'tait un type qui avait vraiment tout pour être heureux
Son seul bad trip, c'est qu'y pouvait pas faire mieux
Plein d'argent pis plein d'relations
Une maudite bonne réputation
Qu'est-ce que tu veux d'mieux... pour être heureux?

C'était toujours ben bourré d'monde autour de lui
Toujours plein d'flashes pour couleurrer son ennui
Les filles, les voyages, les bateaux
Qui flottent quand l'champagne coule à flot
Vraiment y avait... tout c'qui voulait

Sa présence suscitait partout l'admiration
L'ambulance partait à'seule mention de son nom
C'est pour ça qu'moé, j'ai rien compris
Le lundi soir où j'ai appris
Qu'i' s'était tiré l'feu d'la rampe
En plein dans 'tempe

P A X !

Le gros flash mauve

On est toujours seul
Même quand on l'est pas
Seul avec sa gueule
son sac et ses dix doigts

On est toujours seul
Même quand on l'sait pas
seul comme son cercueil
ses os pis ses bas

Des fois j'me cherche
des fois j'me trouve
d'aut'fois j'me perds
Quand chus tout croche
J'cherche un moyen d'passer à travers
pis d'y voir clair
pis tout à coup y a que'qu'choses qui arrive
qui fait qu'j'm r'trouve encore ben en vie
Un gros flash mauve
dans un coin d'ma cage thoracique
comme un cadeau
un beau grand voyage au Mexique

Le loup fuck? Fuck le loup!

Y faut s'aimer, malgré l'hostie d'réalité
Malgré la mort, l'amour, la marde pis malgré toé
Et pis jamais s'arrêter
D'apprendre à vivre toute la journée
Les yeux ouverts comme des tiroirs
Au-d'ssus d'l'armoire de tes 2 pieds

J'viens d'débarquer d'un drôle de trip, j'pas mal fucké
J'tout mélangé pis j'sais pus trop où m'garrocher
Mais j'me dis: hostie d'calice!
Grouille-toé l'cul qu'on en finisse!
Prends ton grabbat. Sors du coma!
Va-t'en dans l'bois ou ben tire-toé...

J'rêve en couleur pour pas rêver en noir et blanc
J'pose des mufflers dans l'cul des chars pour passer l'temps
L'grand Martineau vient faire son tour
Avec du hasch de Singapour
On parle de char - on r'garde dehors
On fume encore pis on fait l'amour...
L'Amour!!!

Le moins beau merle

Y a des moments où j'veux pu rien savoir du rock'n'roll
J'trouve ça tannant et pis j'trouve l'auditoire pas tell'ment drôle

J'aurais le goût d'entendre un p'tit air d'accordéon
Un coin d'ciel bleu à prendre, sous le couvert d'une chanson

Mais aussitôt, j'me fais r'piler d'ssus par le rock'n'roll
J'ouvre la radio, j'ai l'rock au cul jusque dans l'fond d'ma piaule
J'aurais le goût d'entendre que'qu'chose d'un p'tit peu moins pesant
Que'qu'chose pour me détendre
Que'qu'chose qui respire normalement que'qu'chose comme:

Une musique légerte
Un texte ben faite
Pis un p'tit que'qu'chose de vivant
Qui vient jouer avec le vent
Ça vous débloque...
D'une tonne de rock

Un p'tit peu d'amour
Beaucoup d'humour
Une coup' de bouteilles pis des verres
Qu'on boit pour oublier l'hiver
Les coeurs collés
Pour s'réchauffer... les pieds dans l'poêle

Si vous êtes écoeurés d'vous baigner dans vot'rock'n'roll
V'nez avec moé visiter l'fond d'ma belle poubelle de tôle

Pour entendre chanter
Le moins beau merle moqueur
La toune à écouter
Par les oreillettes du coeur


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